La coordination provinciale de la société civile du Nord-Kivu a adressé vendredi 6 mars une requête à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka afin de solliciter la suspension temporaire de certains impôts, taxes et redevances appliqués aux biens et services dans les zones encore sous contrôle du gouvernement.
Selon le président de la coordination, John Banyene, l’avancée des rebelles du M23 a entraîné le déplacement de milliers de familles vers des villes jugées plus sûres comme Beni, Butembo, Lubero et Oicha.
Cet afflux massif de populations provoque une surpopulation et une forte pression sur les ressources locales, entraînant une hausse rapide des prix des produits de première nécessité.
La société civile cite notamment la hausse de certaines denrées essentielles. Le bidon d’huile végétale est passé d’environ 30 à 34-35 dollars, tandis qu’un sac de riz se vend désormais autour de 20 dollars contre 18 auparavant.
Pour John Banyene, ces augmentations frappent durement les familles déplacées qui, dans la plupart des cas, ne disposent d’aucune assistance humanitaire suffisante.
Face à cette situation, la société civile estime que des mesures fiscales exceptionnelles pourraient contribuer à soulager la population.
« Nous avons demandé à la Première ministre de voir dans quelles mesures il est possible de suspendre temporairement certains impôts, taxes et redevances pour alléger tant soit peu la misère de la population », a-t-il indiqué.
Selon les acteurs de la société civile, une telle décision constituerait un geste de solidarité nationale envers les habitants du Nord-Kivu, confrontés à la fois à la crise sécuritaire persistante et à une pression économique de plus en plus lourde.
Dieumerci Matu Chub
