Les témoignages des usagers de la route, les alertes de la société civile et les rapports des organisations de défense des droits humains dressent un même constat : les violations des droits humains se multiplient dans les territoires du Nord-Kivu contrôlés par les rebelles du M23, soutenus par le Rwanda.
En quelques jours seulement, plusieurs cas de kidnappings et de braquages ont été signalés dans les territoires de Rutshuru et de Bwito. Le 24 juin, plusieurs motocyclistes et leurs passagers, dont des enfants selon des sources locales, ont été enlevés sur l’axe Kibirizi–Rwindi. Deux conducteurs identifiés comme Kangole et Izorini restent portés disparus après une embuscade tendue en pleine journée, dans une zone pourtant sous administration du M23.
La veille, un notable connu sous le nom de Shaole a été kidnappé à Mazingiro, dans le groupement de Bwito. Ses ravisseurs réclameraient une rançon de 8000 dollars américains pour sa libération.
Sur la route nationale numéro 2, entre Kiwanja et Kanyabayonga, un convoi de véhicules a été braqué à Busendo le 23 juin. Des hommes armés ont dépouillé les passagers de leur argent, de leurs téléphones et de leurs biens de valeur avant de prendre la fuite. Quelques jours plus tôt, un camion avait subi une attaque similaire aux escarpements de Kabasha.
Pour les habitants et les voyageurs, ces incidents ne sont plus des faits isolés mais le reflet d’une insécurité chronique qui s’installe dans les zones occupées. Plusieurs organisations locales dénoncent une situation où les enlèvements contre rançon, les braquages et les atteintes aux libertés fondamentales deviennent quasi quotidiens. Certains usagers parlent désormais d’une opération « un jour, un kidnapping ou un braquage ».
Face à cette succession d’exactions, des défenseurs des droits humains s’interrogent sur la responsabilité des autorités de fait qui contrôlent ces territoires. Ils estiment que le M23 et ses soutiens rwandais ont l’obligation de garantir la protection des populations civiles vivant sous leur contrôle effectif.
Alors que Kigali et le M23 affirment vouloir rétablir l’ordre dans les zones qu’ils occupent, les récits des victimes et des organisations locales décrivent une population livrée à la peur, aux enlèvements et aux violences.
Pour de nombreux observateurs, la multiplication de ces abus pèse sur les forces qui exercent aujourd’hui le contrôle sur une partie du Nord-Kivu.
Rédaction
