Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), appuyées par leurs alliés Wazalendo, poursuivent leur progression sur plusieurs lignes de front dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu. Selon des sources locales, les rebelles de l’AFC/M23 ont été repoussés dans la soirée du mercredi 25 février, après de violents affrontements enregistrés dans le secteur d’Osso.
À l’issue de ces combats, les villages de Mahanga, Kazinga et Ndete sont passés, ce jeudi matin, sous le contrôle de la coalition gouvernementale. Une source au sein des Wazalendo affirme que les opérations se poursuivent pour sécuriser durablement ces entités et prévenir toute tentative de contre-offensive des rebelles dans cette zone stratégique reliant plusieurs axes importants du territoire.
Malgré ces avancées, la situation sécuritaire demeure particulièrement tendue dans la partie sud de Masisi. Depuis le début de la semaine, des affrontements répétés opposent les FARDC et leurs alliés aux combattants de l’AFC/M23, accusés par Kinshasa de bénéficier d’un appui du Rwanda des accusations régulièrement rejetées par Kigali.
Ces combats ont provoqué de nouveaux déplacements de populations. Plusieurs familles ont fui leurs villages pour se réfugier vers des zones jugées plus sûres, notamment en direction des centres urbains environnants. Des sources humanitaires locales évoquent une pression croissante sur les structures d’accueil déjà fragilisées par des mois d’insécurité.
L’intensification des opérations militaires aurait infligé des pertes importantes aux rebelles. Des sources concordantes indiquent que le général Willy Ngoma, porte-parole de l’AFC/M23, aurait été neutralisé lors de frappes de drones menées mardi 24 février près de la cité minière de Rubaya, considérée comme un verrou stratégique dans cette partie du Nord-Kivu. Aucune confirmation officielle indépendante n’a encore été publiée à ce sujet.
Pressions diplomatiques et appels au cessez-le-feu
Cette nouvelle escalade intervient alors que les initiatives diplomatiques peinent à ramener le calme. L’Angola, engagé dans des efforts de médiation régionale, a récemment réitéré ses appels à un cessez-le-feu immédiat.
En visite officielle à Paris, le président congolais Félix Tshisekedi s’est entretenu mercredi avec son homologue français Emmanuel Macron. À l’issue de leurs échanges, le chef de l’État français a exprimé sa préoccupation face à la détérioration de la situation sécuritaire dans l’Est de la RDC et a insisté sur la nécessité d’une solution politique durable, respectueuse de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du pays.
Sur le terrain, les observateurs estiment que la reprise de Mahanga, Kazinga et Ndete pourrait marquer un tournant tactique dans les opérations en cours à Masisi. Toutefois, la multiplication des fronts et la capacité de mobilité des groupes armés laissent présager une poursuite des combats dans les jours à venir.
En attendant, les populations civiles restent les premières victimes de cette recrudescence de violences, prises au piège d’un conflit qui continue de fragiliser l’Est de la République démocratique du Congo.
Dieumerci Matu Chub
