Face à la recrudescence de l’insécurité dans la ville de Butembo et dans le territoire de Lubero, au Nord-Kivu, le Gouverneur militaire de la province, le général-major Somo Kakule Évariste, a présidé jeudi 8 janvier une réunion élargie du Conseil provincial de sécurité, avec l’ensemble des forces vives locales, pour une évaluation approfondie de la situation.
Cette réunion, tenue dans la salle des réunions de la mairie de Butembo, a rassemblé les responsables des services de sécurité, les autorités locales, la société civile, ainsi que des représentants des mouvements citoyens de Lubero venus faire entendre les doléances de leurs communautés.
« L’autorité provinciale est venue ici sur place à Butembo pour conduire le Conseil de sécurité. Elle a écouté les couches sociales, les mouvements citoyens du territoire de Lubero qui ont exprimé leurs préoccupations sécuritaires. Des instructions fermes ont été données aux services spécialisés pour apporter des réponses urgentes », a déclaré à la presse le lieutenant Marc Elongo, porte-parole militaire du gouverneur.
Un climat sécuritaire préoccupant
Les territoires de Butembo et Lubero font face à une multiplication des attaques armées, des kidnappings, et des exactions perpétrées par divers groupes armés locaux et étrangers. La population civile, prise entre plusieurs fronts, dénonce l’inaction des autorités et le manque de protection.
Selon des témoignages relayés au cours de la réunion, plusieurs localités sont désormais sous la menace constante de milices, notamment dans le secteur de Bapere, la chefferie des Baswagha et les environs de Manguredjipa.
Une réponse coordonnée attendue
Le général-major Somo Kakule a promis une réorganisation des dispositifs de sécurité sur les axes sensibles, tout en appelant la population à coopérer étroitement avec les forces de défense et de sécurité.
« Des mesures concrètes ont été arrêtées, et le gouverneur a instruit ses services à agir rapidement pour restaurer l’autorité de l’État. Il poursuit son séjour à Butembo afin de superviser personnellement l’exécution de ces décisions », a précisé le lieutenant Elongo.
La présence prolongée du gouverneur militaire dans cette zone témoigne de la gravité de la situation sécuritaire, mais aussi d’une volonté politique de reprendre le contrôle sur le terrain dans une province stratégique, régulièrement secouée par les violences armées.
Les populations locales attendent désormais des actes concrets et visibles, dans une région où la confiance envers l’autorité publique s’est profondément érodée au fil des années.
