La situation sécuritaire et humanitaire reste préoccupante dans le groupement de Mwenye, en chefferie de Baswagha, territoire de Lubero, dans la province du Nord-Kivu. Plus d’un mois après les attaques attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), des milliers d’habitants vivent toujours en déplacement et n’ont pas encore regagné leurs villages.
Selon le Conseil local de la jeunesse de Mwenye, l’attaque du village de Musenge survenue le 24 janvier 2026 a provoqué un déplacement massif estimé à plus de 40 000 personnes. La majorité d’entre elles se sont réfugiées dans la ville de Butembo, ainsi qu’à Musienene et dans d’autres localités voisines. Depuis ces violences, plusieurs villages de la zone restent quasiment abandonnés, et les activités socio-économiques peinent à reprendre.
Le président du Conseil local de la jeunesse de Mwenye, Prince Kasyano, décrit une situation de grande précarité. Selon lui, les écoles, les églises, les structures sanitaires ainsi que les marchés locaux n’ont toujours pas rouvert leurs portes.
Cette paralysie affecte fortement la vie des populations. La plupart des habitants vivent encore dans leurs lieux de refuge, notamment à Butembo et à Musienene, où les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles.
« Ceux qui tentent de retourner dans leurs villages font face à de nombreux défis, notamment le manque de nourriture, l’absence de soins de santé et le déficit d’enseignants pour assurer la scolarité des enfants », explique-t-il.
Face à cette situation, le Conseil local de la jeunesse de Mwenye appelle les autorités à renforcer la présence militaire dans la zone afin de sécuriser durablement la région. Prince Kasyano plaide notamment pour le déploiement d’unités spéciales capables de restaurer la sécurité et de permettre le retour progressif des populations déplacées.
Il rappelle également l’importance stratégique du groupement de Mwenye sur le plan agricole. Cette zone constitue l’un des principaux greniers agricoles approvisionnant la ville de Butembo en produits vivriers. Le retour de la paix permettrait ainsi la reprise des activités agricoles et la relance de l’économie locale.
Dieumerci Matu Chub
