Alors que les tensions restent vives dans l’est de la République démocratique du Congo, les rebelles du M23, appuyés par des unités de l’armée rwandaise ( RDF), s’apprêtent à ouvrir un nouveau front dans le Grand Nord du Nord-Kivu, avec pour cibles principales la ville commerciale de Butembo et l’aéroport stratégique de Mavivi, situé à Beni.
Selon plusieurs sources locales, le front nord de Goma est en pleine militarisation depuis trois jours, avec un afflux massif de troupes rebelles, de chars de combat et d’armes lourdes. Des villages comme Kipese et Katondi, dans le territoire de Lubero, ont vu leurs alentours transformés en bases de repli et de lancement pour les forces du M23, qui cherchent à progresser vers les centres urbains du nord.
« La situation à Lubero est très préoccupante. Le M23 a renforcé ses positions en armes lourdes, des renforts en hommes et matériels sont visibles chaque jour », nous a confié une source dans la zone.
Les habitants de la région, témoins directs de ces mouvements, lancent un appel pressant aux FARDC et à leurs alliés pour éviter une répétition du scénario d’Uvira, tombée récemment aux mains des rebelles. Ils dénoncent une agression planifiée et réclament une riposte rapide pour protéger les civils.
« Il est temps d’écarter cette menace qui s’installe petit à petit. Nous ne voulons pas revivre ce qui s’est passé à Uvira », alerte un habitant de Lubero centre.
La situation est d’autant plus critique que la RDC fait désormais face à une guerre sur trois fronts simultanés: au sud (Baraka et Fizi), au nord (Kipese, Butembo, Beni) et à l’ouest du Nord-Kivu (Walikale). Cette stratégie d’encerclement semble viser à déstabiliser les lignes de défense des FARDC, tout en créant un climat de panique dans les grandes agglomérations encore sous contrôle gouvernemental.
Les autorités militaires congolaises n’ont pas encore officiellement commenté cette nouvelle menace, mais des sources proches de l’Etat-Major confirment un renforcement du dispositif sécuritaire dans le Grand Nord, en coordination avec les milices locales dites Wazalendo.
Alors que la communauté internationale continue de condamner les agissements du M23 et de ses soutiens, la population civile reste la première victime de cette guerre asymétrique, contrainte à fuir ou à vivre dans la peur constante d’une attaque imminente.
Roger AMANI
