Le gouvernement provincial du Nord-Kivu durcit le ton face aux menaces et attaques dirigées contre les équipes engagées dans la riposte contre la maladie à virus Ebola. À Beni, les autorités annoncent désormais une politique de tolérance zéro contre toute personne qui s’en prendrait aux agents mobilisés dans la lutte contre cette épidémie.
L’annonce a été faite dimanche 21 juin 2026 par Marie-Noëlle Kabuya, directrice de la cellule de communication du gouvernement provincial, au cours d’un entretien avec la presse. Elle a relayé les décisions prises lors d’une réunion du comité provincial de sécurité, présidée par le vice-gouverneur du Nord-Kivu, le général Louis-Second Karawa.
Selon elle, les forces de l’ordre ont déjà reçu des instructions claires pour interpeller toute personne qui tenterait d’entraver le travail des équipes de riposte. « Des éléments de l’ordre sont déjà instruits pour arrêter toute personne qui s’attaquera aux équipes de la riposte contre Ebola. La tolérance zéro est lancée par le vice-gouverneur du Nord-Kivu », a-t-elle déclaré.
Au-delà de cette fermeté sécuritaire, les autorités provinciales assurent que plusieurs dispositions sont en cours pour renforcer la lutte contre l’épidémie. Des kits de protection individuelle destinés au personnel soignant ont notamment été réceptionnés samedi, afin de mieux équiper les structures sanitaires engagées sur le terrain.
Marie-Noëlle Kabuya a également appelé la population au strict respect des mesures d’hygiène et de prévention, rappelant que la province du Nord-Kivu compte déjà 87 cas confirmés d’Ebola, dont sept guérisons et 52 décès enregistrées à ce stade. Pour les autorités, la collaboration de la population reste essentielle pour contenir rapidement la propagation du virus.
Parmi les autres mesures annoncées figure aussi le déploiement de militaires et d’éléments de la Police nationale congolaise pour sécuriser les équipes de riposte et leurs interventions dans les zones concernées. De son côté, le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le général-major Somo Kakule Evariste, s’est engagé à renforcer la sensibilisation à travers les leaders communautaires afin de favoriser l’adhésion de la population à la riposte.
Ces mesures ont été prises après que des agents engagés dans la riposte contre Ebola ont été menacés, fouettés et torturés par des inconnus en ville de Beni le week-end dernier. Elles interviennent également après une tentative d’incendie du centre d’isolement installé au Centre de santé de référence de Kanzulinzuli.
