La présence des éleveurs centrafricains M’bororo dans la province du Nord-Ubangi continue de susciter de vives inquiétudes, particulièrement dans le secteur de Kotakoli. Installés depuis plusieurs années sur le sol congolais pour l’élevage de leur bétail, ces éleveurs sont accusés par les communautés locales de destructions répétées des produits agricoles, principale source de subsistance de la population.
La situation s’est dramatiquement aggravée le 21 janvier dernier avec la mort d’un jeune homme, Songolo, âgé de 22 ans, tué lors d’un incident impliquant des éleveurs M’bororo dans le secteur de Kotakoli. À la suite de ce drame, le ministre provincial de l’Intérieur avait convoqué en urgence le Conseil provincial de sécurité et décidé d’un moratoire de deux jours, accordé le jeudi 22 janvier 2026, en vue du renvoi de ces éleveurs vers leur pays d’origine.
Cependant, plusieurs jours après l’expiration de ce délai, aucune mesure concrète n’a été observée sur le terrain. Les éleveurs M’bororo seraient toujours présents, exposant ainsi la population locale à des risques permanents de représailles et de nouveaux affrontements.
Face à cette situation, le président du Conseil territorial de la jeunesse (CTJ) de Mobayi-Mbongo, M. Olivier Toku Te Toku, a exprimé son profond regret.
« Nous regrettons que, malgré le moratoire du gouvernement provincial, ces peuples dangereux continuent à vivre aisément et sans inquiétude sur notre territoire. Nous continuons néanmoins à faire confiance à l’autorité de l’État afin que tout soit mis en œuvre pour qu’ils quittent nos terres, évitant ainsi un conflit ouvert entre la communauté locale et ces assaillants M’bororo », a-t-il déclaré.
La Nouvelle Société civile du secteur de Kotakoli partage le même constat. Son représentant, M. Janvier Gungu, dénonce l’inefficacité du moratoire décrété par les autorités provinciales.
« Rien n’a été fait après le moratoire de Son Excellence le ministre de l’Intérieur. Les éleveurs M’bororo sont toujours là. Ils ont simplement quitté le village Polongo, sur l’axe A, pour se déplacer vers l’axe B, appelé Satema, qui constitue le poumon agricole du secteur de Kotakoli », a-t-il expliqué.
Selon lui, les actes posés par ces éleveurs relèvent de circonstances aggravantes et appellent une décision ferme de la part des autorités.
« Nous, en tant que société civile, attendions une décision claire et nette : le départ massif et immédiat de tous les éleveurs M’bororo de notre province. Hélas, si rien n’est fait, nous resterons toujours exposés. Nous voulons la paix, rien que la paix », a-t-il insisté.
Alors que la tension demeure palpable à Kotakoli, la société civile et les structures de jeunesse appellent le gouvernement provincial à faire respecter ses propres décisions afin de prévenir une escalade de violences et de garantir la sécurité des populations locales.
Ruphin Mboyo Lombo
