Alors que l’année 2026 s’ouvre dans la ville de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï-Central, un constat contrasté s’impose : d’un côté, une forte effervescence populaire pour marquer le passage à la nouvelle année ; de l’autre, une ville qui peine à afficher des signes visibles de renouveau ou de festivité, à l’image des grandes agglomérations du pays.
En effet, malgré les usages qui recommandent la décoration des bâtiments publics et des sites emblématiques à la veille du Nouvel An, aucun effort de ce genre n’a été observé. Plusieurs artères principales de la ville, notamment l’avenue menant vers la Radio télévision nationale congolaise (RTNC), restent dans un état de délabrement avancé. Remplie de boue et difficilement praticable, cette voie témoigne du manque d’entretien et d’initiatives municipales à cette période symbolique.
Le parc Imokasaï, lieu prisé des familles pour les moments de détente, n’échappe pas non plus à ce tableau sombre. Des déchets jonchent le sol, y compris dans les espaces réservés aux jeux pour enfants, donnant une image d’abandon qui contraste avec les attentes des citoyens à l’aube d’une nouvelle année.
Cependant, malgré ce cadre peu reluisant, la population ne s’est pas privée de fêter. Contrairement à la fête de Noël célébrée dans une ambiance plus discrète, le Nouvel An a été marqué par une importante mobilisation dans les rues. De nombreux habitants ont afflué vers les lieux emblématiques de la ville pour immortaliser l’instant : rond-points, devantures de bâtiments publics, et surtout le parc Imokasaï, transformé en véritable studio photo à ciel ouvert.
Des pétards et autres artifices ont animé la nuit, tandis que la police a été déployée pour assurer la sécurité. À certains moments, l’intervention des forces de l’ordre a suscité de brèves paniques, rapidement maîtrisées. La présence policière a permis de réguler la circulation, notamment en contraignant les motards à réduire leur vitesse afin de protéger les piétons, et en procédant à l’arrestation de ceux qui enfreignaient les règles de sécurité routière, en transportant par exemple plus de deux passagers sur une moto.
En dépit de ces mesures, certains conducteurs ont persisté dans des pratiques dangereuses, illustrant les défis persistants de la discipline civique dans la ville.
La nuit du 31 décembre au 1er janvier s’est poursuivie dans une ambiance festive jusque tard, démontrant la volonté de la population de Kananga de célébrer malgré un environnement urbain peu engageant.
