Alors que le pouvoir affine ses stratégies en coulisses, l’opposition congolaise, elle, prépare son contre-offensive dans un silence qui en dit long. La grande réunion des ténors de l’opposition, annoncée il y a quelques jours, prend forme loin des projecteurs, dans une atmosphère feutrée mais chargée de tension politique.
Exit Dakar. Les premières rumeurs envoyant les opposants au bord de l’Atlantique semblent désormais obsolètes. Deux capitales africaines s’imposent dans les tractations: Nairobi et Addis-Abeba, deux villes symboliques, à la fois neutres et stratégiques, où les murs ont l’habitude d’entendre les confidences des puissants.
Une brochette de poids lourds
La liste des participants, bien que non officielle, a déjà de quoi faire trembler les fondations du pouvoir en place. Joseph Kabila, l’ancien président au silence pesant, Moïse Katumbi, le magnat devenu opposant, Matata Ponyo, l’économiste en guerre contre les institutions, Franck Diongo, Claudel Lubaya, Jean-Claude Mvuemba, et peut-être Delly Sesanga. Une coalition de figures aux ambitions parfois divergentes, mais unies par une volonté commune: reprendre la main.
Une échéance qui approche
Selon plusieurs sources concordantes, la rencontre devrait se tenir entre fin août et début septembre. Un timing loin d’être anodin, à quelques encablures des grandes manœuvres électorales et des recompositions internes. L’objectif? Tracer une ligne claire, définir une stratégie commune, et surtout, envoyer un signal fort à la population comme au régime.
Entre espoir et méfiance
Mais derrière les sourires diplomatiques et les poignées de main à venir, les enjeux sont colossaux. L’opposition saura-t-elle dépasser les ego, les rancunes et les ambitions personnelles pour construire une alternative crédible? Ou assistera-t-on à une énième réunion sans lendemain, où les postures l’emportent sur les actes?
Une chose est sûre: le pays retient son souffle. Et dans les couloirs du pouvoir, on écoute, on observe, et surtout… on s’inquiète.
Roger AMANI
