Dans un climat politique électrique, Nairobi, capital du Kenya, devient ce matin 14 octobre le théâtre d’un coup de poker signé Joseph Kabila. L’ancien président, longtemps tapi dans l’ombre, revient sur le devant de la scène avec une réunion qui ressemble fort à une opération de reconquête.
Ce conclave, loin d’être anodin, rassemble une brochette de vétérans politiques et d’opposants aguerris, bien décidés à rebattre les cartes du pouvoir congolais.
Des figures connues autour de Kabila
Autour de l’ex-chef de l’État, les fidèles du Front Commun pour le Congo (FCC) répondent présents, et pas des moindres:
- Raymond Tshibanda, ex-patron de la diplomatie et cerveau stratégique du FCC.
- José Makila, ancien ministre et gouverneur, toujours influent.
- Franklin Tshamala et Théophile Mbemba, deux anciens piliers du gouvernement.
- Félix Kabange Numbi, ex-ministre de la Santé, connu pour son entregent.
- Moïse Nyarugabo, sénateur au verbe tranchant.
- Patient Sayiba Tambwe, ex-dirigeant de l’OGEFREM, fin connaisseur des rouages économiques.
Des retours marquants
Le conclave voit aussi le retour de figures politiques que l’on croyait hors-jeu:
- Matata Ponyo, ancien Premier ministre, aujourd’hui en exil, mais toujours prêt à en découdre.
- Néhémie Mwilanya, ex-directeur de cabinet de Kabila, discret mais redoutable.
Et ce n’est pas tout. Des voix dissidentes, extérieures au FCC, viennent muscler le débat:
- Franck Diongo, président du MLP, connu pour ses prises de position sans filtre.
- Jean-Claude Mvuemba, électron libre de la politique congolaise.
- Tharcisse Loseke, ancien cadre de l’UDPS, passé maître dans l’art de la critique.
- Et même des sympathisants du mouvement politico-militaire AFC – M23, dont la présence ne manque pas de faire grincer des dents.
Ce rassemblement, qualifié par certains de tentative de déstabilisation, pourrait bien être le prélude à une recomposition musclée de l’opposition. Une chose est sûre: Kabila n’a pas dit son dernier mot, et Nairobi pourrait marquer le début d’un bras de fer politique aux répercussions explosives.
Roger AMANI
