Poursuivi pour outrage au chef de l’État, Félix Tshisekedi, Parole Kamizelo, cadre du Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD), passe à l’offensive judiciaire. Lundi 9 février, il a officiellement récusé l’ensemble des juges chargés de connaître son dossier devant le Tribunal de paix de Kinshasa-Ngaliema, évoquant de graves manquements à l’impartialité et au respect des droits de la défense.
Dans une requête formelle déposée auprès de cette juridiction, l’accusé, connu sous le sobriquet de « Monsieur Maîtrisable », exige le déport immédiat de toute la composition de la chambre. À défaut, il prévient qu’il engagera une procédure de récusation en bonne et due forme, conformément aux textes en vigueur.
Parole Kamizelo fonde sa démarche sur une série d’irrégularités qu’il estime incompatibles avec un procès équitable. Il dénonce notamment la présence, parmi les officiers du ministère public, d’agents affiliés au Conseil National de Cyberdéfense (CNC), une institution qu’il accuse de l’avoir torturé lors de sa détention.
À cela s’ajoutent, selon lui, la tolérance de la juridiction à l’égard de procès-verbaux qu’il affirme avoir été obtenus sous la contrainte, ainsi qu’un manque de maîtrise des débats par la chambre. L’accusé fustige également la présence récurrente de représentants du CNC aux audiences, qu’il qualifie d’« intimidation directe exercée sur le tribunal ».
Pour Parole Kamizelo, l’accumulation de ces éléments suffit à jeter le doute sur la neutralité des juges appelés à statuer sur son sort. Il estime que le climat dans lequel se déroule la procédure ne garantit ni l’indépendance de la justice ni le respect de ses droits fondamentaux.
Cette récusation collective ouvre ainsi une nouvelle étape dans ce dossier sensible, qui continue de susciter des réactions au sein de l’opinion publique et de la classe politique, dans un contexte où les poursuites pour outrage au chef de l’État restent fortement scrutées en République démocratique du Congo.
