Une équipe internationale de chercheurs, comprenant un scientifique de la République démocratique du Congo, a franchi une étape décisive dans la compréhension de la production de la quinine, un composé essentiel dans le traitement du paludisme. Pour la première fois en Allemagne, ces chercheurs ont identifié les gènes responsables de la biosynthèse des alcaloïdes du quinquina, selon une étude publiée le 18 mars dans la prestigieuse revue Nature.
Cette avancée scientifique majeure permet de mieux comprendre les mécanismes naturels par lesquels les plantes de quinquina produisent des composés actifs comme la quinine, utilisée depuis plus de deux siècles dans la lutte contre le paludisme.
Intervenant ce dimanche 22 mars, le Dr Blaise Kimbadi, chercheur à l’Institut Max-Planck pour l’Écologie chimique et enseignant à l’Université de Kinshasa, a expliqué que ses travaux ont permis de mettre en évidence les processus génétiques et chimiques impliqués dans la production de ces alcaloïdes.
« Nous avons démontré que les enzymes identifiées dans le quinquina peuvent être utilisées pour produire ces composés, y compris la quinine, lorsqu’elles sont transférées dans une autre plante, comme le tabac », a-t-il indiqué.
Selon lui, cette découverte ouvre des perspectives prometteuses, notamment en matière de production industrielle. À terme, il pourrait devenir possible de produire la quinine sans dépendre exclusivement des plantations de quinquina, souvent situées dans des zones difficiles d’accès ou confrontées à des contraintes logistiques.
Une telle évolution pourrait transformer en profondeur les méthodes de production de ce médicament essentiel, tout en facilitant son accessibilité dans les régions les plus touchées par le paludisme, notamment en Afrique.
Au-delà de son apport scientifique, cette percée met également en lumière la contribution des chercheurs congolais à la recherche internationale, dans un domaine crucial pour la santé publique mondiale.
