Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque centrale du Congo (BCC) a annoncé, jeudi 8 janvier à Kinshasa, une réduction de son taux directeur de 250 points de base, le faisant passer de 17,5 % à 15 %. Cette décision marque une étape majeure dans la stratégie d’assouplissement monétaire progressif engagée par l’institut d’émission pour l’année 2026, dans un contexte d’amélioration sensible des fondamentaux économiques.
Le gouverneur de la BCC, André Wameso, a présenté cette orientation lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du CPM, en soulignant que « cette décision vise à soutenir l’activité économique tout en maintenant la stabilité du cadre macroéconomique ».
*Baisse parallèle des taux d’intervention*
En plus de cette baisse du taux directeur, le taux des facilités de prêt marginal a également été ajusté, passant de 21,5 % à 19 %, traduisant une volonté d’assouplir les conditions de refinancement pour les banques commerciales. Toutefois, les coefficients de réserve obligatoire — ratios exigés aux établissements de crédit pour encadrement de la liquidité — ont été maintenus inchangés, dans un souci de prudence.
La BCC justifie cet assouplissement par un environnement économique nettement amélioré. Le pays bénéficie d’une appréciation significative du franc congolais, d’une inflation maîtrisée, ainsi que d’une hausse des réserves internationales, désormais portées à 7,89 milliards USD, représentant près de trois mois d’importations.
Selon M. Wameso, « la combinaison de ces facteurs a permis de renforcer la crédibilité du cadre macroéconomique congolais, et d’ouvrir un espace pour une politique monétaire plus accommodante, sans pour autant relâcher la vigilance face aux risques inflationnistes ou externes ».
*Objectif : stimuler l’investissement et le crédit*
La réduction du taux directeur a pour but de rendre le crédit plus accessible, encourager l’investissement privé, et soutenir la consommation intérieure. Elle devrait notamment stimuler les secteurs productifs non extractifs et accompagner les efforts du gouvernement en matière de diversification de l’économie.
Toutefois, la BCC précise que cette détente monétaire reste prudemment calibrée, et sera réévaluée en fonction de l’évolution des données conjoncturelles. « Il s’agit d’un assouplissement graduel, conditionné par le maintien de la discipline budgétaire et la stabilité du système financier », a précisé le gouverneur.
Les marchés saluent cette décision comme un signal positif en faveur de la relance économique post-crise, bien que certains analystes appellent à la vigilance en cas de pressions inflationnistes ou de chocs extérieurs (notamment géopolitiques ou liés aux cours des matières premières).
En 2026, la politique monétaire de la RDC s’oriente ainsi vers un équilibre délicat entre soutien à la croissance et consolidation des acquis en matière de stabilité macroéconomique, avec une Banque centrale qui réaffirme son rôle de pilier de la souveraineté financière nationale.
