La Haute Cour militaire de Kinshasa a tenu, ce mardi 6 janvier, une audience cruciale dans le cadre du procès du général-major Philémon Yav Irung, ancien commandant de la 2ᵉ région militaire basée au Haut-Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo. Au cœur des débats : une demande de relaxation introduite par ses avocats, invoquant à la fois une détention jugée irrégulière et un état de santé critique nécessitant des soins urgents.
Face à ces arguments, le parquet général militaire, représenté par le lieutenant-général magistrat Lucien René Likulia, a fermement rejeté la requête de la défense, estimant que les moyens soulevés étaient non fondés sur le plan juridique.
« Avant de soumettre le mémoire unique à la Haute Cour militaire, les avocats auraient dû expliquer amplement les faits pour lesquels le prévenu est attrait devant la justice », a affirmé le général Likulia, mettant en doute la pertinence procédurale de la démarche.
Il a demandé à la Cour de déclarer recevables mais non fondés les moyens de défense présentés, et de permettre la poursuite de l’instruction judiciaire, arguant que la gravité des faits reprochés au prévenu exige une instruction complète et rigoureuse, dans le respect du droit militaire et pénal.
Le général Philémon Yav, officier supérieur réputé et longtemps considéré comme une figure stratégique dans les dispositifs sécuritaires du Grand Katanga, est poursuivi pour des faits encore non officiellement détaillés dans les médias, mais que plusieurs sources évoquent comme étant liés à des manquements graves au devoir militaire, voire à des faits de haute trahison, dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans l’est du pays.
La défense, de son côté, affirme que son client est victime d’une détention arbitraire prolongée sans base légale claire, et qu’il souffre de pathologies sérieuses mettant en péril sa santé en milieu carcéral. Ses avocats réclament soit une remise en liberté provisoire pour raison médicale, soit une mise en résidence surveillée, en attendant l'issue du procès.
L’affaire suscite une forte attention au sein de l’opinion publique et des milieux militaires, étant donné le profil du prévenu et la sensibilité du contexte sécuritaire national. Le Haut-Katanga, province stratégique pour l’économie congolaise, est également une zone sous vigilance accrue des autorités face aux mouvements de déstabilisation et aux infiltrations signalées.
Le procès se poursuit, et la Cour devrait se prononcer dans les prochains jours sur la recevabilité et la suite des procédures. En attendant, le général Yav reste détenu sous haute surveillance dans une installation militaire à Kinshasa.
