La déclaration de Félix Tshisekedi à Houston (États-Unis ) continue de faire des vagues. Ce jeudi 18 juin, la porte-parole du gouvernement rwandais, Yolande Makolo, a réagi sur X. Elle accuse le président congolais d’avoir « gâché » l’exploit des Léopards au Mondial 2026 et de violer « la lettre et l'esprit des accords de Washington ».
« Les Léopards ont offert à l’Afrique un moment de joie intense lors de leur premier match de Coupe du monde », rappelle d’abord Yolande Makolo. Avant de charger : « Le président Tshisekedi a choisi de gâcher ce moment en insultant les Rwandais et les Congolais et, depuis le sol américain, déclarant sa poursuite des offensives militaires dans l'est de la RDC ».
La porte-parole du gouvernement rwandais vise directement le discours tenu par Félix Tshisekedi le 17 juin à Houston, après le match nul 1-1 de la RDC face au Portugal. Devant la diaspora, le chef de l’État congolais s’en était pris à Joseph Kabila, qualifié de « chien » placé par « les ennemis », et avait évoqué la situation sécuritaire à l’Est.
Pour Kigali, Tshisekedi a franchi deux lignes rouges. Premièrement, la récupération politique : « Tshisekedi n’a pas seulement instrumentalisé un exploit sportif glorieux à des fins politiques mesquines ».
Deuxièmement, la remise en cause du processus de paix : « sa rhétorique belliqueuse démontre également un mépris de la lettre et de l'esprit des accords de Washington », tranche Yolande Makolo.
Les « accords de Washington » font référence aux négociations menées sous médiation américaine pour désamorcer la crise dans l’Est de la RDC. Le Rwanda est régulièrement accusé par Kinshasa de soutenir le M23, ce que Kigali dément systématiquement. Les deux pays entretiennent des relations exécrables depuis la résurgence du conflit en 2022.
Cette sortie de Yolande Makolo intervient alors que plusieurs cadres du FCC, dont Richard Muyej, ont déjà condamné les propos de Tshisekedi contre Joseph Kabila. Elle internationalise désormais la polémique, en l’inscrivant dans la crise régionale entre la RDC et le Rwanda.
Roger AMANI
