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LIBRE OPINION
EXPRESS

Publié le Lundi 02 mars 2026

Nombre de lectures: 49

Quand l’intelligence artificielle protège les ennemis de la RDCongo: L’affaire Diakiese et la manipulation numérique

Mes fidèles lecteurs se souviendront de ma récente tribune intitulée « Intelligence artificielle en RDC : entre vide juridique et urgence législative », dans laquelle j’alertais sur les dangers potentiels de cet outil.

Aujourd’hui, l’expérience que je viens de vivre confirme de manière troublante ces inquiétudes.

Pendant plus d’une heure, j’ai dû affronter l’intelligence artificielle de Google pour lui faire reconnaître un fait pourtant visible dans des vidéos publiques : la présence de Hervé Diakiese, le 27 février 2026, au Press Club Brussels Europe, aux côtés de Yori Ndjoli.

Une présence qui s’inscrivait dans une séquence liée au mouvement criminel de l’Alliance Fleuve Congo, la structure politique de Corneille Nangaa, soutenue par le mouvement rebelle Mouvement du 23 mars (M23) qui est aussi soutenu par le Rwanda .

Et pourtant, l’intelligence artificielle refusait obstinément de reconnaître ce fait.

Elle niait.

Elle minimisait.

Elle reformulait.

Comme si une main invisible avait programmé la machine pour protéger une version précise de l’histoire.

Plus troublant encore, l’intelligence artificielle présentait Hervé Diakiese et Yori Ndjoli non pas comme des acteurs d’une réunion controversée, mais comme les initiateurs de la Ligue des Patriotes Congolais de la Diaspora (LPCD).

Selon cette narration numérique, ces personnalités auraient lancé cette structure le 28 février 2026 au Press Club Brussels Europe afin de défendre la République démocratique du Congo.

Autrement dit, l’intelligence artificielle transformait les protagonistes d’une séquence politique controversée en champions du patriotisme.

La réalité est pourtant différente.

La conférence du 27 février 2026 était organisée par un consortium de 33 organisations, notamment autour du mouvement Urgence DRC.

Et plusieurs vidéos circulant dans la diaspora montrent clairement la présence de ces acteurs dans un contexte qui a suscité une indignation massive parmi les Congolais de l’étranger et du pays. 

Pour amener l’intelligence artificielle de Google à reconnaître cette réalité, j’ai dû introduire un élément clé : le nom de Jonathan Ntoto Badibi, coordinateur de la Ligue des Patriotes pour la Belgique.

Puis j’ai présenté la vidéo.

Une vidéo dans laquelle on entend clairement Yori Ndjoli tenir des propos que beaucoup considèrent comme une défense politique au mouvement criminel de l’Alliance Fleuve Congo et du M23 soutenu par le Rwanda .

Il convient également de rappeler que Mme Yori Ndjoli a longtemps été une militante très active de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), le parti dirigé par Vital Kamerhe. Son parcours politique au sein de cette formation rend d’autant plus légitime les interrogations suscitées aujourd’hui par ses prises de position dans certaines tribunes de la diaspora.

Et soudain, la machine a changé de version.

Ce qu’elle niait quelques minutes plus tôt, elle l’admettait désormais.

Cette expérience démontre une chose fondamentale : l’intelligence artificielle n’est pas neutre.

Elle dépend des données qui l’alimentent.

Et lorsque ces données sont biaisées, orientées ou manipulées, la machine peut devenir un instrument de désinformation extrêmement puissant.

Une guerre nouvelle : la guerre algorithmique.

Le Congo doit comprendre que la guerre qui lui est faite ne se déroule plus seulement à l’Est du pays.

Elle se déroule également dans l’espace informationnel mondial.

Aujourd’hui, les batailles se livrent :

dans les médias

sur les réseaux sociaux

et désormais dans les intelligences artificielles.

Car des millions de personnes dans le monde utilisent ces technologies pour comprendre l’actualité.

Et si l’algorithme ment, le monde entier peut être trompé.

Hervé Diakiese n’est pas un simple citoyen.

Il est le porte-parole du parti Ensemble pour la République, dirigé par Moïse Katumbi.

La question est donc simple :

Comment un responsable politique de ce niveau se retrouve-t-il dans une séquence liée à des réseaux gravitant autour du mouvement criminel de l’Alliance Fleuve Congo et du M23 soutenu par le Rwanda ?

Car pendant que certains jouent avec les ambiguïtés politiques à Bruxelles, des Congolais meurent chaque jour à l’Est du pays sous les attaques du M23.

L’initiative du Chef de l’État arrive à point nommé.

Dans ce contexte, la décision du président Félix Tshisekedi de s’attaquer à l’usage abusif des réseaux sociaux apparaît comme une nécessité.

Le Chef de l’État envisage même des mesures restrictives, tout en affirmant qu’elles respecteront les libertés fondamentales.

Plusieurs ministres, notamment celui de la Justice, ont été instruits d’agir dans leurs secteurs respectifs.

Un rapport des actions menées devra être présenté tous les quinze jours.

Mais cette réflexion doit désormais inclure l’intelligence artificielle.

Car le véritable danger est là.

Si nous ne contrôlons pas les récits numériques concernant notre pays, d’autres le feront à notre place.

Et si l’intelligence artificielle commence à blanchir ceux qui fraternisent avec les ennemis du Congo, alors nous entrons dans une époque où la vérité elle-même devient manipulable.

Le Congo doit donc ouvrir un débat urgent sur la souveraineté numérique et la régulation de l’intelligence artificielle.

Car un pays qui laisse d’autres écrire son histoire dans les algorithmes finit toujours par perdre la bataille de la vérité.


Par Mingiedi Mbala N’zeteke Charlie Jephthé 

Activiste, Penseur et Notable de Madimba

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