Une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) a visé dans la nuit du mardi 24 février une habitation située dans la ferme de Kasuku, au cœur de la cité minière de Rubaya, territoire de Masisi. L’opération, menée aux environs de 2h40 du matin, a provoqué un lourd bilan humain et marqué un tournant dans la guerre contre le Mouvement du 23 mars (M23).
Parmi les victimes figure Willy Ngoma, porte-parole militaire du M23 et figure médiatique de la rébellion. Sa disparition prive le mouvement d’une voix centrale, souvent utilisée pour justifier les offensives et mobiliser les combattants.
Les autres victimes identifiées
Selon des informations recueillies sur place et recoupées par plusieurs sources locales, la frappe a également coûté la vie à plusieurs proches collaborateurs des chefs militaires du M23 :
- Éric Kazungu, chef d’escorte de Sultani Makenga
- Major Pascal, assistant sécurité du général Imani Nzenze
- Colonel Safari, aide de camp d’Imani Nzenze
- Un aide de camp du gouverneur du M23, ainsi que cinq autres personnes dont l’identification est en cours
- Le frère de Sultani Makenga, originaire du Sud-Kivu, grièvement blessé à l’abdomen
Ces informations, encore en cours de vérification officielle, s’ajoutent au bilan provisoire de neuf corps retrouvés dans les décombres.
Le général Sultani Makenga, chef militaire du M23, aurait été blessé lors de l’attaque. Cette donnée, rapportée par des sources locales, reste à confirmer par des canaux indépendants.
La cité minière de Rubaya, riche en coltan et autres minerais stratégiques, est depuis plusieurs mois un bastion logistique du M23. Les FARDC, appuyées par des milices locales dites wazalendo, ont intensifié leurs offensives dans le Masisi, provoquant un exode massif des populations civiles.
La mort de Willy Ngoma et de plusieurs officiers du M23 pourrait fragiliser la chaîne de commandement du mouvement rebelle. Toutefois, l’histoire du conflit dans l’Est de la RDC montre que la disparition de figures emblématiques ne met pas nécessairement fin aux hostilités. Les combats se poursuivent dans plusieurs localités du Masisi, et la situation humanitaire reste critique.
