Le Comité international de la Croix-Rouge a facilité, du 6 au 7 août 2026, le transfert de 15 personnes libérées par Kinshasa vers l'Alliance Fleuve Congo/Mouvement du 23 mars (AFC/M23). Une opération présentée comme un premier geste de confiance dans le cadre du processus de Doha.
C'est un geste longtemps attendu. Le CICR a annoncé avoir assuré le transport sécurisé de 15 personnes libérées par les autorités congolaises, avant leur remise à l'AFC/M23. L'organisation humanitaire dit être intervenue en qualité d'intermédiaire neutre, conformément à son mandat d'impartialité.
L'opération s'inscrit dans la mise en œuvre du mécanisme de libération réciproque des détenus conclu entre les deux parties sous médiation qatarie. Cet accord, dont les principes ont été signés en juillet 2025 et actés dans la déclaration de Doha du 15 novembre 2025, confie au CICR la mission de superviser l'identification, la vérification et le transfert des personnes concernées.
Pour Kinshasa, qui était resté longtemps réticent à libérer des membres et affiliés du mouvement rebelle, il s'agit d'un premier groupe de 15 prisonniers. Pour l'AFC/M23, qui vient de son côté de remettre plus de 5 000 militaires FARDC au CICR à Rumangabo pour rapatriement à Kinshasa, cette mesure est présentée comme une preuve de bonne foi et le respect des engagements pris dans le cadre des mesures de confiance.
Le CICR n'en est pas à son coup d'essai. Entre fin avril et mi-mai 2025, il avait déjà facilité le transfert de plus de 1 300 militaires et policiers congolais désarmés et de leurs familles de Goma vers Kinshasa, sur près de 2 000 km à travers les lignes de front.
Aucune information n'a filtré sur l'identité des 15 personnes libérées, ni sur les chefs d'accusation qui pesaient contre elles. Selon des sources proches du dossier, les désaccords persistent sur les listes de prisonniers, Kinshasa refusant d'inclure des détenus soupçonnés de crimes de guerre.
Cette remise intervient alors que les pourparlers de Doha se poursuivent. Si la date limite du 18 août pour un accord de paix global n'a pas été respectée, les deux parties ont exprimé leur volonté de poursuivre les négociations, notamment sur le respect du cessez-le-feu et la mise en œuvre durable des mesures de confiance.
Roger AMANI
