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POLITIQUE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Dimanche 14 juin 2026

Nombre de lectures: 94

RDC : Augustin Kabuya accuse l’opposition d’avoir voulu « incendier le Palais du Peuple »

Deux jours après la répression du sit-in de la C64 devant le Palais du Peuple, l’UDPS a choisi la contre-attaque frontale. Depuis le quartier général du parti à Limete, Augustin Kabuya, secrétaire général et président par intérim, a déroulé ce dimanche 14 juin un réquisitoire contre les leaders de l’opposition.

Pour Kabuya, la manifestation du 12 juin n’avait rien de pacifique. Il accuse nommément les têtes d’affiche de la C64 d’avoir préparé un plan violent : « Ils ont recruté des miliciens Mobondo et leur ont remis des armes blanches dans le but d’incendier le Palais du Peuple et de créer des troubles dans le pays ».

Visé par les critiques récurrentes sur la Force du Progrès, mouvement des jeunes de l’UDPS souvent assimilé à une milice, le SG balaye l’accusation et la retourne : « L’UDPS n’a pas de milice. À l’opposition nous n’avions pas de milice, alors pourquoi aujourd’hui au pouvoir créerions-nous une milice? C’est du n’importe quoi. L’armée et la police sont au service de qui? N’est-ce pas du pays et du Chef de l’État! Ils ont créé leur propre Force du Progrès. À Faden House, chez Martin Fayulu, il a ses Forces du Progrès ».

Kabuya lie directement l’action de la C64 à un financement occulte. Selon lui, « Martin Fayulu, Delly Sesanga et Jean-Marc Kabund auraient été financés par Joseph Kabila et Moïse Katumbi pour organiser le sit-in ». Il élargit même le cercle : « C’était un échec. Tout ce qu’ils ont brandi n’étaient que des montages pour justifier l’argent de Kagame et de Kabila. Paul Kagame, Kabila et Katumbi sont en train de dépenser des millions auprès des aventuriers. Ils bouffent gratuitement leur argent ».

Alors que la C64 affirme que plusieurs de ses leaders ont été blessés le 12 juin, Martin Fayulu touché à la tête, visage ensanglanté devant l’esplanade du Palais du Peuple, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund et Ados Ndombasi également atteints ; Kabuya rejette en bloc. Il parle de « mise en scène » et assure que les opposants « auraient utilisé de la tomate sur des chemises blanches pour simuler des plaies ».

Le 12 juin, la C64 maintenait son sit-in devant le Parlement malgré l’interdiction des autorités et la proposition du gouverneur Daniel Bumba de se rabattre sur le terrain Assossa. La police a dispersé la foule avec des gaz lacrymogènes et des tirs de sommation après un face-à-face d’une heure. La coalition dénonçait le projet de changement de la Constitution, perçu comme une porte ouverte à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.

Avec cette sortie, Augustin Kabuya durcit le ton et impose le narratif du pouvoir : l’opposition aurait cherché le chaos, et ses blessures ne seraient que du théâtre politique. La C64, elle, maintient ses accusations de répression brutale. Le fossé se creuse, et le débat sur la révision constitutionnelle vire à l’affrontement verbal total.


Roger AMANI

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Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Dimanche 14 juin 2026

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