Alors que l’opposition prévoit une marche le 8 juillet pour dire non à toute révision constitutionnelle, plusieurs de ses figures ont été conviées au Burundi par le président Évariste Ndayishimiye. Chef de l’État burundais et président en exercice de l’Union africaine, il s’implique depuis plusieurs mois dans les dossiers liés à la RDC.
Selon des sources concordantes, les invitations ont été envoyées en début de semaine. Les échanges porteraient sur la situation politique en RDC, à quelques jours d’une mobilisation qui cristallise les tensions autour du projet de changement de la Constitution prôné par le régime Tshisekedi.
La manifestation du 8 juillet est organisée par une plateforme d’opposants et de mouvements citoyens. Elle vise explicitement à rejeter toute tentative de modification de la Loi fondamentale, perçue par ses initiateurs comme une manœuvre pour un éventuel troisième mandat ou pour reconfigurer l’architecture institutionnelle.
Pour les organisateurs, le maintien de la Constitution actuelle est une « ligne rouge ». Ils dénoncent ce qu’ils qualifient de « velléités de tripatouillage » et appellent à une mobilisation à Kinshasa et dans les grandes villes.
Du côté des opposants invités à Bujumbura, aucune décision définitive n’a encore été trouvée. Une source au sein de la coalition C64 nous confie qu' : « Une option finale sera prise dans les prochaines heures après la réunion ».
Des concertations internes sont en cours pour trancher entre l’acceptation du dialogue proposé par Ndayishimiye et le maintien d’un rapport de force dans la rue. Le choix est sensible : se rendre au Burundi pourrait être interprété comme un recul à 5 jours de la marche.
La démarche du président burundais intervient dans un climat politique tendu. En tant que président en exercice de l’UA, Évariste Ndayishimiye tente de jouer les médiateurs. Mais l’opposition congolaise redoute que cette initiative ne serve à désamorcer la mobilisation du 8 juillet sans garanties sur le fond.
Le pouvoir, de son côté, a interdit toute marche ou rassemblement en raison de l'épidémie Ebola. L’opposition, elle , dénonce un « deux poids, deux mesures », rappelant que d’autres rassemblements officiels se sont tenus récemment sans restriction.
La question de la révision constitutionnelle reste le point de fracture majeur entre le régime et ses adversaires.
Les prochaines heures diront si les opposants privilégient la voie diplomatique ou la démonstration de force dans la rue.
