Le Mouvement du 23 mars (M23) et sa coalition politico-militaire, l’Alliance Fleuve Congo (AFC), n’ont publié aucune communication officielle après la mort de leur porte-parole militaire, le colonel Willy Ngoma, tué mardi par une frappe de drone attribuée aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).
Alors que Ngoma incarnait la voix militaire du mouvement, sa disparition n’a pas été suivie d’un communiqué formel du M23/AFC. Ce mutisme contraste avec l’habitude du groupe de réagir rapidement aux événements majeurs, et traduit peut-être la difficulté à absorber une perte aussi symbolique.
Ce mercredi 25 février, Bertrand Bisimwa, président du M23 et coordinateur adjoint de l’AFC, a pris la parole sur son compte X. Dans un message empreint de gravité, il a écrit : « La Révolution c’est ces héros qui, chaque jour, sacrifient leur vie pour la Libération du pays, le mieux-être des générations présentes et futures, la fondation d’un État qui protège indistinctement ses citoyens. La Révolution c’est aussi la communion avec nos héros en silence. »
Par ces mots, Bisimwa semble appeler ses partisans à transformer le deuil en une forme de résistance silencieuse, tout en réaffirmant la légitimité de la lutte menée par le mouvement.
Une perte stratégique
La mort de Willy Ngoma représente un revers majeur pour le M23/AFC. Porte-parole militaire, il était l’un des visages les plus connus du groupe, chargé de porter son discours auprès des populations locales et de la communauté internationale. Sa disparition fragilise non seulement la communication du mouvement, mais aussi sa cohésion interne.
Cet épisode survient dans un climat de recrudescence des affrontements dans l’est de la RDC, où les combats entre forces gouvernementales et groupes armés continuent de provoquer des déplacements massifs de civils et d’alimenter une instabilité sécuritaire persistante.
Le silence du M23/AFC, suivi de l’appel de Bisimwa à une « communion en silence », illustre la complexité d’un conflit où la guerre militaire se double d’une bataille symbolique et narrative.
Roger AMANI
