Les efforts diplomatiques pour ramener la paix dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) connaissent une nouvelle accélération. Ce vendredi 30 janvier, le président rwandais Paul Kagame a tenu un tête-à-tête avec Faure Gnassingbé, président du Conseil du Togo et médiateur de l’Union africaine dans le processus de paix en RDC.
La rencontre s’est poursuivie avec un panel d’experts composé d’anciens chefs d’État africains, parmi lesquels Olusegun Obasanjo (Nigeria), Sahle-Work Zewde (Éthiopie), Mokgweetsi Masisi (Botswana) et Catherine Samba-Panza (Centrafrique).
La veille, jeudi 29 janvier 2026, le président Félix Tshisekedi avait reçu à la Cité de l’Union africaine une délégation du Panel des Facilitateurs de l’UA. Cette tournée régionale vise à relancer et harmoniser les initiatives diplomatiques pour mettre fin aux violences persistantes dans l’Est du pays et stabiliser la région des Grands Lacs. Les échanges ont notamment porté sur la consolidation des processus de médiation déjà soutenus par Washington et Doha.
Mme Sahle-Work Zewde, ancienne présidente éthiopienne et membre du panel, a rappelé la dimension humanitaire de la mission : « Nous sommes dans une tournée. Nous allons écouter les uns et les autres et voir ce qui peut être fait pour le bien-être de cette population qui n’a que beaucoup souffert, plusieurs décennies. On oublie que derrière tout ça, il y a des souffrances humaines qu’il faudrait arrêter. » a-t-elle déclaré, citée par la présidence congolaise.
Cette séquence diplomatique s’inscrit dans la continuité de la réunion de haut niveau tenue à Lomé le 17 janvier 2026, sous la présidence de Faure Gnassingbé. Elle précède d’autres étapes prévues à Kigali et Bujumbura, destinées à renforcer une dynamique continentale. L’Union africaine entend ainsi affirmer son rôle central dans la recherche de solutions africaines aux crises africaines, en mobilisant l’expérience de ses anciens dirigeants et la légitimité de ses institutions.
Alors que les violences à l’Est de la RDC continuent de provoquer des déplacements massifs et des drames humanitaires, ces rencontres marquent un tournant. Elles traduisent une volonté politique de replacer l’Afrique au cœur de la médiation, tout en rappelant que la paix ne sera durable que si elle répond aux souffrances des populations.
Roger AMANI
