Le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque métropolitain de Kinshasa, a profité de la messe de prémices de Mgr José Bernard Likolo pour lancer un vibrant appel à la vigilance à l'endroit des fidèles catholiques face au monde politique. La célébration s’est tenue lundi 6 juillet à Bokungu, dans la province de la Tshuapa, en présence de plusieurs centaines de fidèles.
Mgr Likolo, nouvellement ordonné évêque de Lisala et administrateur apostolique de Budjala, célébrait sa première messe solennelle dans son diocèse d’origine. C’est dans ce cadre que le cardinal Ambongo a pris la parole, en Lingala, l’une des quatre langues nationales de la RDC.
Dans son homélie, le cardinal a opposé frontalement l’engagement de l’Église catholique à celui de la classe politique congolaise.
« Chers fidèles catholiques, retenez ceci : s’il y a quelqu’un qui aime ce pays, la RDC, ce sont nous, vos pères évêques, et non les politiciens qui recherchent leurs intérêts personnels en utilisant votre nom », a-t-il déclaré devant l'assemblée.
Poursuivant, le prélat a insisté sur le fait que la mission des évêques est exclusivement guidée par le souci du bien-être de la population congolaise. Selon lui, contrairement à certains acteurs politiques, les responsables de l'Église ne recherchent « ni l'argent ni des positions », mais se consacrent uniquement à la défense des intérêts du peuple congolais et à la promotion de la paix, de la justice et de la dignité humaine.
En concluant son intervention, le cardinal Ambongo a invité les fidèles à faire preuve de discernement face aux discours politiques et à demeurer attachés aux valeurs évangéliques ainsi qu'à l'engagement de l'Église en faveur du bien commun.
Cette déclaration intervient dans un climat social et politique tendu en République démocratique du Congo. La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) multiplie depuis plusieurs années les prises de parole sur la gouvernance, la corruption et les conditions de vie des populations.
Avec plus de 40% de la population, l’Église catholique reste l’une des institutions les plus influentes du pays. Elle gère un vaste réseau d’écoles, d’hôpitaux et d’œuvres sociales. Ses évêques interviennent régulièrement sur les questions de justice sociale, de paix et de démocratie.
La sortie du cardinal Ambongo s’inscrit dans cette tradition d’interpellation. Elle rappelle celle de ses prédécesseurs, notamment le cardinal Laurent Monsengwo, figure de la transition démocratique des années 1990.
Roger AMANI
