Six leaders, pères et représentants légaux du mouvement évangélique congolais ont rendu publique ce mercredi 24 juin, une déclaration de soutien au projet de changement de la Constitution du 18 février 2006. Signé à Kinshasa, le document porte les noms d’Ejiba Yamapia Evariste, Jean Bosco Kindomba, Lhouva Ekaola Iseifoli, Godé Mpoy, Musiteki Florent et Albert Kankienza Muana Mboo.
Dans leur texte, les signataires invoquent trois arguments pour justifier leur position : l’opportunité, l’urgence et la nécessité. Ils qualifient l’actuelle Loi fondamentale de « constitution des belligérants », estimant qu’elle a été rédigée sous influence étrangère dans un contexte de sortie de guerre. Pour eux, une révision s’impose afin de doter le pays d’un texte adapté à ses réalités actuelles.
Les six responsables religieux appellent directement le président Félix Tshisekedi à promulguer sans délai la loi référendaire déjà adoptée par les deux chambres du Parlement. Ils considèrent que le chef de l’État doit franchir cette étape pour permettre au peuple de se prononcer.
Cette prise de position intervient alors que le débat sur la révision constitutionnelle divise profondément la classe politique et la société civile. Elle contraste avec la posture de la Conférence épiscopale nationale du Congo, CENCO, qui s’est montrée critique envers le projet. Elle illustre également la fracture qui s’élargit au sein du paysage religieux congolais, où le mouvement évangélique ne parle plus d’une seule voix.
Alors que certains pasteurs du Réveil, à l’image de Marcello Tunasi, revendiquent la neutralité, le groupe réuni autour d’Ejiba Yamapia choisit l’engagement. Leur déclaration ajoute une voix influente au camp favorable au changement, dans un contexte où chaque prise de position pèse sur l’opinion publique et sur le rapport de force politique.
Roger AMANI
