Alors que le débat constitutionnel s’intensifie en RDC, le président de l’Église de réveil du Congo, l’archevêque Ejiba Yamapia, est officiellement monté au créneau ce mercredi 13 mai à Kinshasa pour réclamer un changement radical de la Constitution de 2006.
Face à la presse et entouré des représentants la société civile, le leader religieux a affirmé que « le moment est favorable » pour ouvrir ce débat à l'ensemble des Congolais, et non aux seuls acteurs politiques et techniques.
Une loi fondamentale jugée obsolète et héritée de la crise
Pour justifier sa démarche, l'archevêque n'a pas mâché ses mots à l'égard du texte actuel issu de l'accord de Sun City. Il qualifie le document de 2006 de « Constitution de belligérance », estimant qu'il a été conçu pour satisfaire des « chefs de factions » plutôt que pour bâtir un État de droit. Vingt ans après sa rédaction, cette loi fondamentale serait devenue inadaptée aux défis sécuritaires, institutionnels et économiques du pays.
L'institution religieuse s'appuie sur une enquête d'opinion interne pour légitimer sa démarche auprès de la population. Un sondage mené par le forum des intellectuels de son église dans plusieurs centres urbains du pays révèle que 80 % des personnes interrogées se diraient favorables à un changement de la Constitution, contre 20 % pour une simple révision.
La méthodologie de cette enquête n'a pas été toutefois précisée. Afin de transformer cette adhésion en action concrète, Ejiba Yamapia, a annoncé la création prochaine d'une Coalition citoyenne pour la nation, dont la mission serait de sensibiliser la population à la nécessité d'une refonte profonde de la loi fondamentale.
Vers un régime présidentiel et souverain
Le projet de réforme porté par l'archevêque cible des transformations structurelles majeures sur les plans politique et économique. Sur le plan politique, il préconise le passage à un régime plus présidentiel afin de mettre fin au « chantage parlementaire », faisant directement allusion aux motions de censure à « visée mercantiliste » qui fragiliseraient l'exécutif.
Sur le plan économique et social, Ejiba Yamapia propose de constitutionnaliser l'obligation de transformer localement les matières premières avant exportation, et de sanctuariser les budgets consacrés à la gratuité de l'enseignement et des soins de santé. En conclusion, le président de l'Église de réveil du Congo recommande le consensus aux acteurs politiques, invite la société civile à la « vigilance démocratique » et exhorte le peuple à une « réappropriation patriotique » du débat.
Roger AMANI
