L’Association nationale des victimes du Congo (ANVC) a salué, ce mercredi 11 février, la démarche entreprise par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) visant à enquêter sur les événements tragiques liés au phénomène Kamuina Nsapu, survenus dans l’espace Grand Kasaï, estimant que cette initiative pourrait conduire à l’établissement de la vérité et à l’identification des auteurs des crimes commis durant cette période.
Dans une déclaration rendue publique, l’ANVC, association regroupant les victimes de violences et d’exactions enregistrées en République démocratique du Congo, a affirmé soutenir cette enquête qu’elle considère comme une étape déterminante dans la lutte contre l’impunité, particulièrement dans une région encore marquée par les séquelles de cette crise sécuritaire et humanitaire.
Selon cette structure, les investigations annoncées par la CNDH pourraient aboutir à des conclusions importantes permettant de déterminer les responsabilités dans ce que l’organisation qualifie de « génocide » perpétré dans le Grand Kasaï, notamment au plus fort des violences qui ont endeuillé les provinces du Kasaï, du Kasaï-Central et du Kasaï-Oriental.
L’ANVC estime que l’intervention de la CNDH, institution nationale chargée de la promotion et de la protection des droits humains, constitue un signal encourageant pour les familles des victimes, longtemps en quête de justice et de reconnaissance officielle des crimes commis.
« Ces enquêtes doivent permettre d’établir la vérité sur les auteurs de ces atrocités », a insisté l’association, appelant à ce que le processus soit conduit avec rigueur, impartialité et transparence.
L’organisation a également exprimé l’espoir que les résultats des enquêtes soient rendus publics et qu’ils puissent servir de base à d’éventuelles poursuites judiciaires, afin que les responsables présumés soient traduits devant les instances compétentes.
La crise Kamuina Nsapu, survenue entre 2016 et 2018, avait provoqué une grave instabilité dans la région du Grand Kasaï, avec des milliers de morts, des déplacements massifs de populations, des villages incendiés et de nombreuses violations des droits humains attribuées aussi bien à des milices qu’aux forces de sécurité.
En réaffirmant son soutien à cette initiative, l’ANVC encourage la CNDH à poursuivre son travail jusqu’à la manifestation complète de la vérité, considérant que seule la justice permettra de tourner durablement cette page sombre de l’histoire récente du Grand Kasaï.
L’association appelle enfin les autorités congolaises à accompagner ce processus, afin que les victimes obtiennent réparation et que la mémoire des disparus soit honorée.
