L’usage de la calebasse, objet emblématique du patrimoine culturel du peuple Pende, a été mis en lumière ce vendredi 17 avril à Kinshasa, lors d’un entretien accordé à l’ACP par Arthur Paliki. Cette rencontre s’est tenue à l’Institut des musées nationaux du Congo, situé dans la commune de Lingwala.
À travers ses explications, le responsable culturel a souligné l’importance de cet objet traditionnel, à la fois utilitaire et symbolique, profondément enraciné dans les pratiques quotidiennes et les connaissances ancestrales du peuple Pende.
Selon Arthur Paliki, la calebasse – appelée localement « Binda » – constitue une solution naturelle et efficace pour conserver l’eau fraîche, en dépit des fortes chaleurs. Bien avant l’introduction des équipements modernes comme les réfrigérateurs, les communautés locales avaient déjà développé des techniques ingénieuses basées sur l’observation de leur environnement.
« De la même manière que l’homme moderne utilise des appareils pour rafraîchir l’eau, le peuple Pende s’est appuyé sur la calebasse, un outil simple mais efficace », a-t-il expliqué.
La méthode consiste notamment à enterrer partiellement la calebasse remplie d’eau dans le sol. Ce procédé permet de maintenir une température relativement basse, offrant ainsi une boisson rafraîchissante même en période de forte chaleur.
Un objet au cœur de la vie quotidienne
Au-delà de son aspect pratique, la calebasse occupe une place centrale dans le quotidien des populations Pende. Les femmes, en particulier, s’en servent régulièrement lors de leurs activités champêtres, l’emportant avec elles pour s’hydrater tout au long de la journée.
Cet usage témoigne non seulement de l’adaptation des communautés à leur environnement, mais aussi de la transmission d’un savoir-faire de génération en génération.
Pour Arthur Paliki, la calebasse dépasse largement sa fonction de simple récipient. Elle incarne un véritable symbole de connaissance traditionnelle et d’identité culturelle.
Dans un contexte marqué par la modernisation et l’influence des modes de vie contemporains, il estime essentiel de préserver et de valoriser ces pratiques ancestrales, qui constituent une richesse culturelle pour la République démocratique du Congo.
Cette mise en lumière de la calebasse s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large de sauvegarde du patrimoine immatériel congolais, en rappelant que les solutions traditionnelles peuvent offrir des réponses durables et adaptées aux réalités locales.
