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POLITIQUE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Mardi 23 juin 2026

Nombre de lectures: 91

RDC : La campagne pour le changement constitutionnel s’affiche en grand dans les rues de Kinshasa

Des panneaux publicitaires géants ont surgi ces derniers jours le long des grandes artères de Kinshasa. Leur message : promouvoir le projet de changement constitutionnel porté par le pouvoir en place. Une offensive de communication visible, directe, et manifestement coûteuse.

En lingala, le slogan principal claque comme une interpellation : « Toza ba zoba te » – « Nous ne sommes pas des idiots ». L’affiche ne s’arrête pas là. Elle décline plusieurs sous-messages ciblés : « Fatshi mutu azo bundela mboka » – « Fatshi, l’homme qui défend le pays » et « Peuple nde aloba oui ou non » – « C’est au peuple de dire oui ou non ». Le ton est à la fois défensif et mobilisateur. Il s’adresse à la population en la prenant à témoin, tout en personnifiant le président Félix Tshisekedi, surnommé « Fatshi », comme le garant de la souveraineté nationale.

Boulevard du 30 Juin, Avenue des Huileries, rond-point Kintambo : les panneaux sont stratégiquement placés dans les zones à forte circulation. Impression grand format, graphisme soigné, traduction lingala-français : rien n’a été laissé au hasard. Si aucun commanditaire officiel n’est mentionné sur les affiches, l’ampleur du dispositif laisse deviner des moyens financiers importants. Plusieurs sources proches du dossier évoquent une campagne « structurée et coordonnée depuis plusieurs semaines ».

L’objectif est clair : préparer l’opinion à l’idée d’un référendum constitutionnel. Le sous-titre « Peuple nde aloba oui ou non » ancre d’ailleurs le débat dans une logique de consultation populaire, renvoyant la décision finale aux citoyens.

Cette démonstration de force communicationnelle intervient dans un climat politique déjà crispé. La CENCO, la Conférence épiscopale nationale du Congo, a multiplié les mises en garde contre toute modification de la Constitution de 2006. Même son de cloche du côté de plusieurs partis d’opposition et d’organisations de la société civile, qui dénoncent un « passage en force » et appellent à « protéger les acquis démocratiques ».

Les points de friction portent notamment sur la limitation des mandats présidentiels, la nationalité des candidats, et l’équilibre des pouvoirs. Pour les détracteurs du projet, toucher à la Constitution de 2006 reviendrait à « ouvrir une boîte de Pandore ».

Avec ces panneaux, le camp du changement constitutionnel prend une longueur d’avance dans la guerre de l’image. Face aux conférences de presse et aux déclarations de la CENCO et de l’opposition, il mise sur la rue, le visuel, et la langue populaire pour faire passer son message.

Reste à savoir si le slogan « Toza ba zoba te » convaincra une population kinoise confrontée à d’autres urgences : vie chère, insécurité dans l’Est, et accès aux services de base. 


Roger AMANI

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Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Mardi 23 juin 2026

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