Le porte-parole de la 33e région militaire des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), le capitaine Sylvain Bijanu, a dénoncé jeudi un renforcement stratégique de la coalition composée de l’armée rwandaise (RDF), du M23, et de l’Alliance du fleuve congo (AFC) dans les hauts et moyens plateaux du territoire d’Uvira, dans la province du Sud-Kivu.
Selon l’armée congolaise, après deux jours d’accalmie relative sur les lignes de front, les forces ennemies profitent de cette trêve apparente pour se repositionner tactiquement, notamment via la localité de Bijombo, un axe stratégique reliant plusieurs zones sensibles du haut plateau.
« Leur objectif est clair : rejoindre les éléments du groupe Twigwaneho et tenter une nouvelle percée vers Minembwe, dans le but de lancer des attaques surprises contre les positions tenues par les FARDC et leurs alliés », a déclaré le capitaine Bijanu.
Une manœuvre inquiétante dans un contexte régional tendu
Ce redéploiement intervient dans un contexte d’intenses tensions diplomatiques entre Kinshasa et Kigali, sur fond de soutien présumé du Rwanda au M23, mouvement armé accusé de graves violations des droits humains dans l’Est de la RDC. Le renforcement de l’axe Uvira–Bijombo–Minembwe inquiète les autorités militaires, qui y voient une tentative de créer un nouveau front dans le Sud-Kivu, alors que l’attention reste concentrée sur le Nord-Kivu.
Les FARDC affirment maintenir leurs dispositifs de surveillance et de riposte, et appellent la population locale à la vigilance et à la coopération avec les forces de défense.
Mobilisation des alliés
Des sources sécuritaires évoquent également une coordination renforcée avec les groupes d’autodéfense communautaires favorables aux FARDC, ainsi qu’un appui des forces locales de sécurité, dans l’optique de freiner toute tentative d’incursion dans la zone de Minembwe, régulièrement ciblée par les forces coalisées rebelles.
Cette situation souligne à nouveau l’instabilité persistante dans les territoires du Sud-Kivu et la complexité du conflit armé à l’Est de la RDC, marqué par une multitude d’acteurs armés, de revendications ethniques, et de luttes géostratégiques.
Les autorités congolaises continuent d’appeler la communauté internationale à condamner fermement les agressions venues de l’extérieur et à soutenir les efforts de stabilisation et de paix durable dans la région des Grands Lacs.
