Le passeport de Delly Sesanga, président du parti Envol et membre de la Coalition Article 64 (C64), a été restitué par les autorités congolaises. L’information, confirmée ce vendredi 3 juillet par plusieurs sources proches du dossier, intervient alors que l’opposant est invité au Burundi par le président Évariste Ndayishimiye.
Le document de voyage avait été retenu depuis plusieurs jours, sans explication officielle. Sa restitution lève un obstacle majeur à la participation de Delly Sesanga à la consultation initiée par le chef de l’État burundais, également président en exercice de l’Union africaine.
Évariste Ndayishimiye a convié les leaders de la C64 ; Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga à échanger sur la situation politique, sécuritaire et institutionnelle en RDC. La coalition venait justement de reporter au 22 juillet sa marche contre le changement de la Constitution, initialement prévue le 8 juillet, pour répondre à cette invitation.
Avec son passeport en main, « tout porte à croire » que Delly Sesanga fera le déplacement à Bujumbura dans les prochains jours, indiquent des cadres d’Envol. Il serait le premier des cinq leaders à voir sa situation administrative régularisée avant les discussions.
La restitution du passeport est interprétée comme un geste d’ouverture du pouvoir, alors que les relations restent crispées avec l’opposition. Cette dernière dénonce un projet de révision constitutionnelle et s’était vu interdire toute manifestation publique pour « raisons sanitaires liées à Ebola ».
Pour l’entourage de Delly Sesanga, ce déblocage « facilite le dialogue mais ne change rien sur le fond » : la C64 maintient sa ligne rouge contre toute modification de la Loi fondamentale. L’opposant avait lui-même multiplié les prises de position contre ce qu’il qualifie de « dérive institutionnelle ».
Roger AMANI
