L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo s’apprête à vivre une journée politique sous haute tension. À 16h, une plénière cruciale décidera du sort de Vital Kamerhe, président de la chambre basse, ainsi que de plusieurs membres de son bureau, visés par des pétitions pour mauvaise gestion et entrave au contrôle parlementaire.
La commission spéciale chargée d’examiner les pétitions a jugé recevables les accusations contre cinq des sept membres du Bureau. Trois d’entre eux sont particulièrement menacés: Vital Kamerhe, Chimène Polipoli (Questeure), et Munongo Dominique (Rapporteur adjointe). Les deux autres Jacques Ndjoli et la Questrice adjointe devraient être épargnés, selon une source interne à la commission. « Des directives ont été données pour sauver la questeure, mais elle est tombée à une seule voix contre », confie cette source.
Le vote, prévu à bulletin secret, pourrait sceller le sort de Kamerhe, figure politique majeure et allié historique du président Félix Tshisekedi. Malgré les irrégularités soulevées par son camp signatures douteuses, doublons, présence d’un non-député parmi les signataires la commission n’a pas retenu ces arguments.
La veille, une délégation de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC), conduite par Billy Kambale, a rencontré le secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya Tshilumba. Objectif: désamorcer les tensions et préserver la stabilité de la majorité parlementaire. Cette initiative, lancée par Vital Kamerhe lui-même, témoigne de l’urgence et de la gravité de la situation.
Un enjeu au-delà des individus
La destitution éventuelle de Kamerhe ne serait pas qu’un revers personnel. Elle pourrait ébranler l’Union sacrée, coalition au pouvoir, et compromettre l’équilibre institutionnel à l’approche de la session budgétaire. Dans les coulisses, les tractations se poursuivent, tandis que les députés s’apprêtent à trancher.
À quelques heures du vote, une question domine les débats: Vital Kamerhe, vétéran de la scène politique congolaise, saura-t-il survivre à cette tempête parlementaire? Le verdict de l’Assemblée nationale pourrait redessiner les lignes de force du pouvoir à Kinshasa.
Roger Amani
