Le climat politique en République Démocratique du Congo s’assombrit à mesure que les tensions s’intensifient entre le pouvoir en place et une opposition de plus en plus virulente. Dernier coup de tonnerre: une déclaration sans détour de Jean-Marc Kabund-A-Kabund, ancien président de l’Assemblée nationale et figure dissidente, qui annonce sur son compte X :
« À la lumière des événements qui se succèdent en République Démocratique du Congo, il devient évident que la chute du régime Tshisekedi est inscrite dans l’ordre inévitable de l’histoire. Elle surviendra bientôt, et son avènement sera à la fois brutal et douloureux, comme toute fin de règne bâtie sur l’injustice et le mépris du peuple. »
Ce message, aussi tranchant que prophétique, résonne comme un avertissement lancé à un pouvoir que beaucoup d'observateurs jugent de plus en plus isolé. Entre les entraves diplomatiques au dialogue panafricain initié par Thabo Mbeki, les restrictions imposées aux opposants, et les tensions sociales croissantes, le régime Tshisekedi semble s’enfermer dans une logique de verrouillage autoritaire.
Un pouvoir qui s’essouffle
Les signaux d’un essoufflement sont nombreux: frustrations des certains caciques de l'Union sacrée après le 2è congrès de cette plateforme, blocages institutionnels, et une diplomatie qui peine à convaincre. La récente tentative de saboter le dialogue de Pretoria, en empêchant plusieurs opposants de quitter le territoire ou d’obtenir leurs visas, illustre une stratégie de repli qui inquiète jusque dans les cercles internationaux.
Kabund, voix de rupture
Jean-Marc Kabund, longtemps allié du président avant de devenir l’un de ses plus féroces détracteurs, incarne cette rupture. Sa parole, désormais libérée, tranche avec le silence pesant des institutions. En qualifiant la chute du régime d’« inévitable », il ne se contente pas de prédire: il accuse, il alerte, et il mobilise.
Vers une fin de règne?
Si les mots de Kabund sont lourds de sens, ils ne sont pas isolés. Ils s’inscrivent dans une dynamique plus large de désillusion et de colère populaire. Le régime Tshisekedi, qui avait suscité tant d’espoirs en 2019, semble aujourd’hui englué dans les mêmes travers que ses prédécesseurs: clientélisme, répression, et absence de dialogue.
La question n’est plus de savoir si le pouvoir vacillera, mais quand et comment. Et surtout: dans quelles conditions le peuple congolais pourra enfin reprendre la parole confisquée.
Roger AMANI
