Le dernier rapport du Global Fire Power 2026 place la République démocratique du Congo au 8ᵉ rang des armées africaines, avec un Power Index de 1,3051. Une progression qui traduit les efforts de modernisation des équipements et le renforcement de la formation des Forces armées congolaises (FARDC), dans un contexte sécuritaire marqué par les combats persistants à l’Est du pays.
Les classements internationaux reposent sur des indicateurs quantitatifs : budget de défense, sophistication des équipements, effectifs théoriques ou capacités technologiques. À ce jeu, la RDC se retrouve derrière des puissances comme l’Égypte, l’Algérie ou l’Afrique du Sud. Mais ces grilles d’évaluation, aussi méthodiques soient-elles, omettent un facteur essentiel : l’expérience du feu.
Au-delà des chiffres, cette reconnaissance internationale met en lumière une réalité souvent ignorée : l’armée congolaise est l’une des rares du continent à avoir accumulé plus de trois décennies d’expérience opérationnelle continue. Guerres asymétriques, insurrections transfrontalières, agressions répétées et menaces multiformes ont forgé une force militaire résiliente, capable de s’adapter à des conditions extrêmes.
Contrairement à certaines armées mieux classées mais peu confrontées à la guerre réelle, les FARDC ont appris dans la dure école du feu. Malgré des moyens limités et des conditions parfois précaires, elles ont démontré une combativité et une endurance stratégique qui leur confèrent une expertise pratique unique.
Ce classement rappelle que la puissance militaire ne se mesure pas uniquement en budgets ou en arsenaux sophistiqués. En RDC, elle s’incarne dans la persistance de la résistance nationale et dans la capacité de ses soldats à tenir tête, jour après jour, à des menaces qui mettent en péril la stabilité du pays.
Roger AMANI
