Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a présenté le bilan de sa première année d’action au sein du gouvernement Suminwa II, dans le cadre de l’exercice de redevabilité initié par l’exécutif. Au cours d’un panel animé ce mercredi 26 août 2026 par les journalistes Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One, le ministre a détaillé les différentes mesures prises dans le secteur minier, allant de la gouvernance à la lutte contre la fraude, en passant par la traçabilité, l’exploration géologique et la transformation locale des ressources.
Selon Louis Watum Kabamba, son action s’inscrit dans la vision du chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui consiste notamment à assurer une exploitation durable et responsable des ressources minières congolaises afin d’accroître leur contribution au développement du pays.
Le Cadastre minier récupère près de 3 000 km² de concessions
Sur le volet de la gouvernance, le ministre a mis en avant les effets de la digitalisation des procédures minières.
D’après les chiffres présentés, près de 3 000 kilomètres carrés de concessions ont été récupérés par le Cadastre minier et réintégrés dans le domaine public.
Ces espaces devraient pouvoir être réattribués à des opérateurs disposant des moyens techniques et financiers nécessaires pour mener des travaux d’exploration et éventuellement mettre en valeur de nouveaux gisements.
Le ministre a également évoqué la formalisation du dialogue entre le gouvernement et la Chambre des mines. Ce cadre de concertation doit notamment permettre d'aborder les questions relatives à la fiscalité, à la parafiscalité et à l'interprétation de certaines dispositions du Code minier.
Louis Watum Kabamba a également insisté sur les efforts consacrés à la traçabilité des produits miniers. Le laboratoire du CEEC a notamment bénéficié de nouveaux équipements destinés à améliorer les analyses des minerais exportés.
Selon le ministre, ces équipements ont permis de détecter certains sous-produits présents dans des minerais destinés à l'exportation. Cette opération aurait généré plus de 136 millions de dollars de recettes supplémentaires, versées au Trésor public. La lutte contre les pratiques frauduleuses constitue également l'un des axes mis en avant dans ce bilan.
Le ministre a indiqué avoir effectué plusieurs missions sur le terrain, notamment dans le Lualaba, le Haut-Katanga, le Bas-Uele, le Haut-Uele, le Maniema et l’Ituri. Ces déplacements auraient conduit à l'adoption de différentes mesures contre des pratiques considérées comme irrégulières dans le secteur minier.
Concernant l'exploitation artisanale, le ministère annonce par ailleurs la mise à disposition de 64 zones d'exploitation artisanale. Leur opérationnalisation reste toutefois conditionnée à des travaux de viabilisation.
Une cartographie géologique à l'échelle nationale
Dans le domaine de l'exploration, le ministre a annoncé la signature d'un contrat de 180 millions de dollars avec Xcalibur Multiphysics Group SL. L'objectif de cet accord est de réaliser une vaste cartographie géophysique aéroportée et géologique du territoire congolais.
Le ministère cherche ainsi à disposer de données plus précises sur les richesses du sous-sol national et à faciliter l'identification de nouveaux gisements. Dans le même registre, une équipe s'est rendue au Musée africain de Tervuren afin de récupérer des archives géologiques relatives à la RDC.
Interpellé sur la présence de militaires et de policiers dans certains sites miniers, Louis Watum Kabamba a assuré que le processus de retrait est déjà engagé. Cette opération est menée en collaboration avec l'état-major des Forces armées de la RDC, selon les explications fournies par le ministre.
Chemaf et les investissements stratégiques
Le ministre a également défendu les différents partenariats conclus dans le secteur minier, notamment ceux liés au rapprochement avec les États-Unis.
Il a cité la reprise de Chemaf comme exemple de retombées concrètes de ces investissements. Selon Louis Watum Kabamba, cette opération aurait permis de préserver environ 2 000 emplois et de sécuriser les activités de 5 000 à 10 000 creuseurs artisanaux.
Le gouvernement veut accélérer la transformation locale
Au-delà de l'exploitation et de l'exportation, le ministère affirme vouloir encourager davantage la transformation des ressources minières directement en RDC.
Le ministre a notamment évoqué Manono Lithium, présenté comme ayant réalisé la première exportation de concentré de lithium de l'histoire du pays. Une nouvelle étape est annoncée avec le démarrage prévu, d'ici décembre, de la production de sulfate de lithium.
Cette production pourrait trouver des débouchés dans différents secteurs, notamment celui des batteries et certaines applications dans le domaine de la santé.
Uranium : Louis Watum Kabamba répond aux accusations
La question des accusations relatives à une prétendue exportation clandestine d'uranium a également été abordée au cours de l'émission. Le ministre affirme que les autorités ont choisi de répondre à ces accusations par des données et des éléments techniques plutôt que par une confrontation politique.
Il soutient notamment que la RDC respecte les normes internationales relatives aux seuils de présence d'uranium autorisés dans les minerais exportés.
« Nous avons choisi de ne pas être sur la défensive, mais d’être totalement ouverts aux critiques et d’y répondre », a-t-il déclaré.
Louis Watum Kabamba estime ainsi que les données disponibles doivent permettre de vérifier objectivement la conformité des exportations congolaises aux standards internationaux.
À travers ce bilan, le ministre des Mines met en avant plusieurs chantiers : amélioration de la gouvernance, contrôle des exportations, lutte contre la fraude, exploration géologique, encadrement de l'exploitation artisanale et transformation locale.
Pour le gouvernement, l'enjeu consiste désormais à consolider ces réformes afin que les ressources minières contribuent davantage aux recettes publiques, à la création d'emplois et au développement industriel de la RDC.
