La province du Kwango, dans le Sud-Ouest de la République démocratique du Congo, est confrontée à une crise humanitaire aigüe suite au refoulement massif et forcé de 1 157 Congolais par l'Angola. Les députés provinciaux du Kwango ont lancé un cri d’alarme ce mercredi 5 novembre à Kenge, chef-lieu de la province, pour mobiliser l'aide nationale et internationale face à cette situation qu'ils qualifient d’inhumaine et déplorable.
Le refoulement, qui se déroule depuis le 20 octobre, est dénoncé par les élus comme une violation des droits de l'homme. Les 1 157 personnes expulsées proviennent de trois provinces angolaises : Lunda-norte, Uiji et Malanje.
La population refoulée se trouve dans une situation de précarité absolue, sans abri ni moyens de subsistance. La composition de ce groupe met en lumière une vulnérabilité particulière : femmes en période de sevrage; enfants en âge de scolarité; et des hommes qui ne maîtrisent aucune langue congolaise, ce qui complique leur réintégration et leur communication.
Le député Anicet Mbangala Talameso, président intérimaire de l'organe délibérant du Kwango, a souligné l'ampleur du désastre humanitaire : « Au total 1 157 personnes expulsées qui n'ont ni abri ni les moyens de substance. »
Face à l'afflux et aux conditions de vie déplorables, les élus provinciaux alertent sur des risques imminents pour la santé publique et la sécurité.
Les députés sollicitent l'implication des autorités congolaises pour renforcer les mesures sanitaires et hygiéniques à la frontière kwangolaise. L'urgence est d'éviter la propagation d'épidémies et de maladies hydriques, d'autant que les services de santé ont déjà détecté un cas suspect de choléra.
Par ailleurs, renforcer les mesures sécuritaires pour lutter contre la délinquance juvénile (communément appelée kuluna), un risque d'insécurité qui se développe dans ce contexte de détresse sociale.
L'urgence de la situation a conduit les députés du Kwango, par la voix de M. Mbangala Talameso, à lancer un SOS pressant à l’ensemble de la communauté nationale et internationale.
Ils sollicitent un appui aux partenaires humanitaires pour la prise en charge immédiate de ces réfoulés, ainsi qu'aux personnes de bonne volonté pour venir en aide à cette population en détresse. L'aide est vitale pour couvrir les besoins de base (nourriture, eau potable, soins de santé et abris).
Nkumu Patrick
