Accusée de faire le jeu du pouvoir en reportant sa marche du 22 juillet, la coalition C64 revendique au contraire une première victoire politique. C'est le message martelé par Delly Sesanga ce mardi 21 juillet lors du Space sur X animé par Stanis Bujakera Tshiamala.
Interrogé sur le risque de démobilisation et sur le fait que le pouvoir gagnerait du temps, le leader d'Envol et membre de la C64 a balayé la critique. Il rappelle que ce sont les mêmes voix qui, hier encore, jugeaient toute manifestation impossible à Kinshasa et ne juraient que par la voie armée pour faire plier le régime.
Pour lui, le tableau est tout autre. La pression de la C64 aurait déjà produit un effet concret : contraindre Félix Tshisekedi à revenir sur son refus catégorique de tout dialogue national inclusif.
Delly Sesanga revendique avoir fait remonter le débat au niveau sous-régional, en s'inscrivant dans une exigence déjà portée par Corneille Nangaa, par Joseph Kabila et par l'opposition dispersée, comme l'illustrait la feuille de route de Luanda sous la médiation du Président angolais João Lourenço.
« Ce recul présidentiel est directement imputable à la pression exercée par la coalition sur le terrain », a-t-il affirmé.
Désormais, selon lui, le Chef de l'État se trouve « au mur ». S'il ne convoque pas le dialogue d'ici le 15 août, il ne se détournera pas seulement de la C64, mais aussi des Églises catholique et protestante, et de l'ensemble de la société congolaise qui s'est mobilisée pacifiquement contre ce qu'il qualifie d'instauration d'une dictature.
Roger AMANI
