Le 2 mars 2026, le Département du Trésor américain a frappé fort : l’armée rwandaise (RDF) et quatre de ses plus hauts responsables militaires sont désormais sur la liste noire de Washington. Accusés de soutenir activement le mouvement armé M23 en République démocratique du Congo (RDC), ces officiers incarnent le sommet de la hiérarchie militaire rwandaise.
En ciblant ces profils, les États-Unis ne se contentent pas de dénoncer Kigali : ils exposent les visages de ceux qu’ils considèrent comme les architectes de la guerre dans l’est de la RDC.
Général Mubarakh Muganga: L’architecte des opérations
Chef d’état-major général des armées rwandaises depuis juin 2023, Mubarakh Muganga est le plus haut responsable opérationnel de la RDF. Ancien chef d’état-major des forces terrestres, il est décrit par Washington comme l’homme de la planification et de la conduite des opérations militaires en RDC. Son nom symbolise la stratégie globale de Kigali dans le conflit.
Général Vincent Nyakarundi: Le maître des forces terrestres
À la tête des forces terrestres rwandaises, Vincent Nyakarundi dirige directement les unités engagées sur le terrain. Pour les États-Unis, il est un acteur central de la coordination militaire en appui au M23. Sa position fait de lui l’un des piliers de l’action militaire rwandaise en territoire congolais.
Major Général Ruki Karusisi: L’ex-commandant des forces spéciales
Aujourd’hui à la tête de la 5ᵉ division d’infanterie, Ruki Karusisi a longtemps dirigé les forces spéciales rwandaises. Washington l’accuse d’avoir supervisé des opérations militaires liées au soutien au M23. Son profil illustre la continuité entre les opérations spéciales et les actions conventionnelles menées par Kigali.
Général Stanislas Gashugi: Le nouveau visage des forces spéciales
Nommé commandant des forces spéciales en mars 2025, Stanislas Gashugi est accusé d’avoir poursuivi et renforcé les opérations clandestines en appui au M23. Son arrivée à ce poste marque une nouvelle étape dans l’implication directe des RDF dans le conflit.
Au-delà des individus, c’est l’ensemble de la Rwanda Defence Force qui est sanctionnée. Les mesures comprennent le gel des avoirs sous juridiction américaine et l’interdiction de toute transaction impliquant des personnes ou entreprises américaines.
En ciblant ces officiers supérieurs, Washington envoie un signal clair : la pression ne vise plus seulement les structures, mais les décideurs militaires de haut niveau, considérés comme responsables de la conduite des opérations en RDC.
Roger AMANI
