« Riche sous terre, pauvre sur terre ». Ce cri, lancé sur le réseau X le vendredi 27 juin par le professeur Faustin Luanga, économiste et ambassadeur itinérant honoraire du Chef de l’État, résonne comme un électrochoc.
À l’heure où la République démocratique du Congo (RDC) célèbre 65 ans d’indépendance, la question de sa souveraineté économique reste douloureusement ouverte.
« Le monde a besoin de notre cobalt. Et nous, on attend encore l’électricité. Cherchez l’erreur. »
Dans un pays qui détient 76 % de l’offre primaire mondiale de cobalt, métal stratégique pour les batteries électriques, la pauvreté énergétique et les inégalités sociales persistent. Le professeur Luanga dénonce un modèle économique hérité de la colonisation, où la RDC exporte ses minerais bruts et importe sa misère.
« Pendant que d’autres fabriquent des batteries, nous creusons. Il est temps de produire, de transformer, pas seulement d’extraire. »
Les Chiffres clés sur le cobalt congolais
- 76 % de l’offre mondiale de cobalt provient de la RDC.
- Le cobalt représente jusqu’à 20 % des exportations nationales.
- Le prix du cobalt a chuté de plus de 50 % depuis 2022, passant de 80 000 $ à environ 33 000 $ la tonne.
- La demande mondiale devrait atteindre 400 000 tonnes d’ici 2030, portée à 76 % par le secteur des batteries.
Fact-checking: mythe ou réalité économique?
1. La RDC est-elle réellement "colonisée économiquement"?
Oui, dans une certaine mesure. Si la RDC extrait le cobalt, la transformation et la certification se font majoritairement à l’étranger, notamment en Chine. Cela prive le pays de la majeure partie de la valeur ajoutée.
2. Pourquoi la RDC ne transforme-t-elle pas localement?
Le gouvernement a amorcé un virage stratégique: suspension temporaire des exportations de cobalt brut, incitations à la transformation locale, et projets d’infrastructures comme le port de Banana ou le corridor du Lobito. Mais les investissements restent insuffisants, et les capacités industrielles locales sont encore limitées.
3. Le cobalt peut-il vraiment sortir la RDC de la pauvreté?
Potentiellement, oui. Mais cela suppose une chaîne de valeur intégrée, une gouvernance transparente, et des politiques industrielles ambitieuses. Sans cela, la RDC restera un fournisseur de matière première, dépendant des fluctuations du marché mondial.
Le message du professeur Luanga n’est pas qu’un coup de gueule: c’est un appel à la refondation. La RDC a les ressources pour devenir un acteur industriel majeur de la transition énergétique mondiale. Mais pour cela, elle doit cesser d’exporter sa richesse brute et commencer à bâtir sa souveraineté économique sur son sol, pour son peuple.
