L’opposant politique Delly Sesanga a vivement réagi à la décision du président Félix Tshisekedi de créer un tribunal pénal économique et financier, censé renforcer la lutte contre la corruption en République démocratique du Congo.
Selon lui, derrière cette initiative présentée comme un outil de bonne gouvernance, se cache un risque réel de dérives.
« En apparence, il s’agit de lutter contre la corruption. Mais dans les faits, le risque est grand de voir se multiplier des poursuites sélectives, des procédures expéditives et des accusations utilisées comme instruments politiques », a-t-il déclaré ce samedi 21 mars.
L’opposant affirme ne pas être contre la lutte anticorruption, mais s’interroge sur l’efficacité des structures déjà existantes, notamment l’Autorité de prévention et de lutte contre la corruption. Il déplore que malgré la multiplication de ces organes, la RDC reste mal classée dans les indices internationaux de perception de la corruption.
Déclaration politique insiste également sur le fait que le problème ne réside pas dans l’absence d’une juridiction spécialisée, citant en exemple le dossier dit des « 100 jours », qui a pu être instruit sans ce type de structure.
Pour lui, la véritable difficulté est ailleurs : « C’est plutôt l’absence de volonté politique et l’instrumentalisation de la justice qui gangrènent notre appareil judiciaire ».
Enfin, il rappelle qu’« dans un État de droit, la justice n’est ni une arme ni un instrument de peur, mais une garantie pour tous », promettant que son camp politique supprimera ce qu’il qualifie de structures inutiles s’il accède au pouvoir.
Choél Tshimanga
