Le mouvement rebelle, qui se dit acculé sur une douzaine de fronts, dénonce des bombardements au drone et à l'artillerie lourde sur des zones civiles et réaffirme son ancrage au processus de Doha.
Dans un communiqué signé ce 04 novembre par son porte-parole Lawrence Kanyuka, le Front pour la Refondation de la Nation affirme être sous une pression militaire croissante et continue des FARDC et de leurs alliés.
Le mouvement dit subir depuis plus de deux mois une offensive d'envergure menée par une coalition qu'il décrit comme composée des FARDC, des FDLR, des milices Maï-Maï, de mercenaires et d'éléments de l'armée burundaise (FNDB).
Selon le FRN, cette offensive mobilise des moyens considérables : drones de combat, avions de chasse, artillerie lourde, missiles à longue portée et troupes au sol, avec des frappes qui viseraient directement des zones densément peuplées des territoires qu'il contrôle.
La coalition attaquerait sur au moins douze axes simultanément, une étendue qui illustre l'ampleur de la pression :
Sur le front Sud-Kivu : Les Hauts Plateaux avec Minembwe, Point Zéro, Mukoko, Rugezi, Kuwamabuye ; l'axe Kaziba avec Mitimbili ; la plaine de la Ruzizi avec Katogota et Lubarika ; et Mwenga avec Kasika.
Sur le front Nord-Kivu et Maniema : Les axes de Shabunda, Bunyakiri, Kadasomwa, Lumbishi, Masisi, Walikale - avec notamment Pinga - et Lubero avec Kitchanga.
C'est dans ce contexte de forte pression que le FRN a tenu à faire une mise au point sur Uvira.
Face aux rumeurs d'une avancée rebelle vers la ville stratégique d'Uvira, le mouvement est catégorique. Il informe le peuple congolais et la communauté internationale qu'« il n'a ni l'intention, ni l'intérêt, ni projet de se rendre à Uvira, contrairement aux accusations infondées et aux insinuations délibérément propagées par le régime de Kinshasa », écrit le mouvement.
Le FRN y voit des « accusations infondées » et une « stratégie manifeste de diversion politique » orchestrée par Kinshasa pour, selon ses termes, masquer les massacres de civils et justifier ses propres opérations militaires.
Malgré la pression qu'il dit subir, le FRN campe sur sa ligne politique. Il réaffirme son « attachement au processus de paix de Doha ainsi qu'à la recherche d'une solution politique durable à la crise congolaise ».
Il prévient toutefois qu'il ne restera pas les bras croisés. Acculé, il se réserve désormais « le droit de prendre toutes les mesures nécessaires afin de défendre les zones libérées et protéger les populations civiles contre toute menace ».
