Coup de théâtre au Palais du Peuple. Quelques heures avant l’ouverture de la plénière qui devait sceller son sort, Vital Kamerhe a annoncé sa démission du poste de président de l’Assemblée nationale. Une décision brutale, inattendue, qui précipite une recomposition politique majeure au sommet de l’État.
L’annonce a été faite lors de la conférence des présidents, à huis clos, dans une atmosphère tendue. Kamerhe, visé par une pétition initiée par un député de l’UDPS, le parti du président Félix Tshisekedi a préféré devancer le vote de destitution. Officiellement, il quitte pour « préserver l’institution ». Officieusement, il n’a pas résisté à la pression d’une majorité qui ne voulait plus de lui.
Un règlement de comptes au sein de l’Union sacrée
Derrière les accusations de mauvaise gestion et d’entrave au contrôle parlementaire, nombreux sont ceux qui voient un règlement de comptes orchestré par l’UDPS. Kamerhe, allié historique de Tshisekedi, était devenu trop autonome, trop influent, trop encombrant. Sa chute consacre la domination du parti présidentiel sur les institutions clés du pays.
« C’est la fin d’un équilibre précaire au sein de l’Union sacrée », confie un député sous anonymat.
Qui pour lui succéder?
Conformément au règlement intérieur, c’est le vice-président Isaac Tshilumbayi qui assure l’intérim. Mais la bataille pour le perchoir est déjà lancée. Plusieurs noms circulent, tous issus de la majorité présidentielle. L’élection à venir sera un test de cohésion ou de fracture au sein de l’Union sacrée.
La question brûle les lèvres: peut-on encore parler d’alliance entre Tshisekedi et Kamerhe? Ou assiste-t-on à une consolidation du pouvoir par élimination des figures indépendantes? La démission de Kamerhe, loin d’être un simple épisode parlementaire, révèle une stratégie d’occupation totale des leviers institutionnels.
Roger AMANI
