L’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo a adopté, lundi 26 octobre 2026, à l’unanimité, des recommandations demandant le départ de Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (ESURSI). Cette décision fait suite à une enquête parlementaire de trois mois sur la gestion des quotités prélevées sur les frais académiques payés par les étudiants. Des irrégularités présumées ont été relevées dans la perception, la centralisation et la répartition de ces fonds.
L’enquête parlementaire, initiée à la suite d’une démarche du député national André Mushongo, a porté notamment sur l’utilisation des frais académiques et des frais connexes payés par les étudiants des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire durant les années académiques 2022-2023 et 2023-2024.
Selon le rapport de la commission, plusieurs dysfonctionnements ont été relevés, notamment des irrégularités dans la gestion des différentes quotités, la centralisation des recettes dans un compte bancaire unique, l’intervention présumée de personnes non habilitées dans certaines opérations financières ainsi que la perception de certains frais dont la base juridique est contestée.
Pour remédier aux problèmes signalés, la commission recommande notamment la suppression du compte unique de centralisation des quotités et le paiement direct des bénéficiaires par les établissements concernés. Elle préconise également le respect de l’autonomie du Fonds de promotion de l’éducation et de la formation (FPEF), le renforcement des mécanismes de contrôle financier et la remise sans délai des diplômes de fin d’études aux bénéficiaires.
Le sort de la ministre entre les mains des autorités compétentes
À l’issue de l’examen du rapport, les députés ont adopté à l’unanimité des recommandations demandant à la Première ministre, Judith Suminwa, de prendre des sanctions contre Marie-Thérèse Sombo, pouvant aller jusqu’à son départ du gouvernement. Le bureau de l’Assemblée nationale devait transmettre officiellement ces résolutions à la cheffe du gouvernement.
Toutefois, il convient de préciser que la ministre n’a pas été officiellement destituée par ce seul vote. Il s’agit, à ce stade, de recommandations parlementaires dont les suites doivent être confirmées par les autorités compétentes. Parallèlement, une motion de défiance visant la ministre a également été annoncée par le député André Mushongo.
