Le Président angolais João Lourenço, en sa qualité de Président en exercice de l’Union africaine (UA), a appelé jeudi 8 janvier les gouvernements de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda, ainsi que la coalition M23/AFC, à respecter et mettre en œuvre strictement les engagements pris dans le cadre des processus de Washington (États-Unis) et de Doha (Qatar), relatifs à la résolution pacifique de la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Ce message a été rendu public à l’issue d'une rencontre bilatérale à Luanda entre le Président João Lourenço et son homologue congolais, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en visite de travail en Angola dans le prolongement des concertations diplomatiques tenues début janvier.
« Le Président João Lourenço demande aux gouvernements de la RDC, du Rwanda et au M23 de respecter et d’appliquer les accords signés entre eux, afin de donner la priorité à une résolution pacifique du conflit et à la sauvegarde des droits et intérêts de la population », indique le communiqué de la Présidence angolaise.
Un appel à la désescalade dans un climat tendu
Cette déclaration intervient dans un contexte marqué par une intensification des tensions militaires sur les hauts plateaux du Sud-Kivu et une forte recrudescence des affrontements dans plusieurs zones de l’Est congolais, malgré les engagements antérieurs.
Les processus de Washington et de Doha, facilités respectivement par les États-Unis et le Qatar sous l’égide de l’Union africaine, ont pour objectif de favoriser le dialogue, le désarmement, et la réintégration des groupes armés tout en garantissant la sécurité des populations civiles.
Le chef de l’État angolais a réaffirmé la disponibilité de l’Union africaine à poursuivre son rôle de médiation et de facilitation diplomatique, tout en exhortant les parties à la retenue, à la cessation des hostilités, et à la mise en œuvre rapide des mesures convenues, notamment le retrait des troupes étrangères, la démobilisation des rebelles, et la réhabilitation des zones affectées.
Kinshasa, de son côté, accuse régulièrement le Rwanda de soutenir activement le M23/AFC, ce que Kigali dément. Pour sa part, la coalition rebelle affirme agir en réponse à la marginalisation de certaines communautés locales.
L’Union africaine appelle à une solution politique inclusive afin d’éviter une aggravation de la crise humanitaire et de sécuriser durablement la région des Grands Lacs.
