La récente prise de position de Modeste Bahati Lukwebo continue de provoquer de vives réactions dans la classe politique congolaise. Au Kasaï-Central, le président national du Front de la Renaissance Panafricaine, Célestin Sakanga, a vivement critiqué les déclarations de l’ancien président du Sénat, allant jusqu’à qualifier sa sortie médiatique d’« ignominie politique ».
Dans une interview exclusive accordée ce vendredi 6 mars 2026 à Expressmedias.net, le leader du FRP affirme rejeter ce qu’il considère comme une posture « contradictoire » de certains responsables politiques qui, selon lui, auraient contribué par le passé à fragiliser l’État congolais avant de se présenter aujourd’hui comme défenseurs de la Constitution.
Selon Célestin Sakanga, la Constitution actuelle de la République démocratique du Congo présenterait plusieurs limites et ne correspondrait pas pleinement aux réalités politiques et sociales du pays. Il estime que ce texte aurait été élaboré dans un contexte ayant favorisé, d’après lui, certains intérêts extérieurs au détriment de la souveraineté nationale.
Le président du FRP soutient également que certains acteurs ayant participé à la rédaction de cette Constitution auraient eux-mêmes reconnu ses faiblesses. Il évoque notamment les analyses formulées par le constitutionnaliste et ancien président de l’Assemblée nationale Evariste Boshab, qui avait déjà soulevé la question de l’adaptation de la Constitution aux réalités congolaises.
Au-delà du débat institutionnel, Célestin Sakanga critique également ce qu’il qualifie de « silence » de certains responsables politiques face à la crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays. Il fait référence aux violences attribuées au mouvement rebelle Mouvement du 23 mars, que les autorités congolaises accusent d’être soutenu par le Rwanda.
Pour le président du FRP, la priorité devrait être la défense de la souveraineté nationale et la solidarité avec les populations victimes des conflits armés, plutôt que des débats politiques qu’il considère comme des « diversions ».
Dans son intervention, il appelle par ailleurs à une refondation institutionnelle en République démocratique du Congo, estimant qu’une réforme constitutionnelle pourrait permettre de renforcer les institutions et de répondre aux aspirations profondes du peuple congolais.
Enfin, le leader du Front de la Renaissance Panafricaine invite la classe politique congolaise à rompre avec ce qu’il décrit comme « une culture politique de privilèges » et à s’engager dans un processus de transformation visant à consolider la souveraineté, la dignité nationale et l’intérêt général.
