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DIPLOMATIE
Roger AMANI, Journaliste-Editorialiste.

Publié le Mardi 03 mars 2026

Nombre de lectures: 42

RDC : le Trésor américain sanctionne le Rwanda pour son soutien au M23

L’illusion s’effondre. Derrière le vernis diplomatique, Washington vient de lever le voile : l’armée rwandaise n’est plus une ombre, mais une force accusée de nourrir la guerre en RDC. Le département du Trésor américain, via son Office of Foreign Assets Control (OFAC), a annoncé ce 2 mars 2026 une série de sanctions visant directement les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que quatre hauts responsables militaires basés à Kigali.

‎Les individus sanctionnés sont Stanislas Gashugi, Ruki Karusisi, Mubarakh Muganga (alias « MK Mubarkh ») et Vincent Nyakarundi. Tous sont accusés d’avoir joué un rôle clé dans la planification, le commandement et le soutien logistique des opérations militaires menées par les RDF en territoire congolais.

‎- Vincent Nyakarundi : chef d’état-major de l’armée des RDF, commandant des forces terrestres impliquées en RDC.  

‎- Ruki Karusisi : général de division, ancien patron des forces spéciales, aujourd’hui à la tête de la 5e Division d’infanterie.  

‎- Mubarakh Muganga : chef d’état-major général depuis juin 2023, considéré comme l’architecte des opérations militaires dans l’est de la RDC.  

‎- Stanislas Gashugi : nommé commandant des forces spéciales en mars 2025, succédant à Karusisi.

‎Leur inscription sur la liste des ressortissants spécialement désignés (SDN) entraîne le gel de leurs avoirs aux États-Unis et l’interdiction de toute transaction avec des entités américaines.

Des accusations lourdes

‎Dans son communiqué, le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a exigé « le retrait immédiat des troupes, des armes et des équipements des Forces de défense rwandaises (RDF) » de l’est de la RDC. Washington accuse Kigali d’avoir introduit sur le champ de bataille des équipements militaires sophistiqués — brouilleurs GPS, drones, matériels antiaériens — et d’avoir déployé des milliers de soldats en appui direct au M23.

‎Selon les États-Unis, les RDF ne se contentent pas d’un soutien logistique : elles participent activement aux combats, forment les combattants du M23 dans des centres militaires rwandais et facilitent le recrutement, y compris parmi les réfugiés. En échange, Kigali aurait obtenu l’accès à des zones riches en minerais, contribuant au financement de la rébellion.

Violations des droits humains

‎Le rapport américain est accablant : avec l’appui des RDF, le M23 se serait livré à des exécutions extrajudiciaires, des arrestations arbitraires et des actes de torture. En janvier 2025, les RDF auraient mené des attaques contre les FARDC, contre la Mission de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SAMIDRC) et contre des positions de la MONUSCO. Ces actions, qualifiées de violations flagrantes du droit international, renforcent l’image d’un Rwanda directement impliqué dans la déstabilisation régionale.

Impact économique et diplomatique

‎Au-delà des individus, c’est l’ensemble des Forces de défense rwandaises qui est désormais visé. L’OFAC a toutefois émis une « General License 1 » permettant une période de démantèlement ordonné des transactions en cours. Mais les institutions financières et les entreprises internationales sont désormais averties : toute coopération avec les RDF ou les responsables sanctionnés expose à des sanctions civiles et pénales.

‎Cette mesure vise à couper les circuits de financement et de soutien logistique au M23, en rendant plus difficile l’accès du Rwanda aux ressources économiques et technologiques nécessaires à ses opérations militaires.

‎Ces sanctions interviennent deux mois seulement après la signature des « Accords de Washington » entre les présidents Félix Tshisekedi et Paul Kagame, sous l’égide de Donald Trump. Pourtant, malgré cet engagement diplomatique, le M23 a lancé une offensive sur Uvira, ville stratégique à la frontière avec le Burundi, provoquant des morts civils et des déplacements massifs de population.

‎La persistance du M23 dans la région, combinée au soutien militaire rwandais, fait craindre une escalade vers une guerre régionale impliquant plusieurs pays voisins.

‎En sanctionnant directement l’armée rwandaise et ses hauts responsables, les États-Unis franchissent un nouveau seuil dans leur confrontation diplomatique avec Kigali. Cette décision, qui combine pression politique et isolement économique, vise à contraindre le Rwanda à cesser son soutien au M23 et à retirer ses troupes de l’est de la RDC.

‎Le message est clair : le temps des manœuvres souterraines est terminé. Soit Kigali recule, soit il s’enfonce dans un isolement qui pourrait lui coûter cher.

Roger AMANI

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Publié le Mardi 03 mars 2026

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