Le 4 janvier reste une date sacrée en République démocratique du Congo. Elle rappelle au peuple congolais que la liberté dont il jouit aujourd’hui a été acquise au prix du sang. Ce jour-là, en 1959, un soulèvement populaire à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa) contre le régime colonial belge allait bouleverser le cours de l’histoire nationale.
C’est à la suite de l’interdiction d’un meeting de l’ABAKO, mouvement politique dirigé par Joseph Kasa-Vubu, que la population, déjà meurtrie par des décennies d’oppression, se révolta. Ce soulèvement spontané fut violemment réprimé par les forces coloniales. Les rues furent baignées de sang congolais.
Bien que le bilan exact reste contesté, plusieurs centaines de morts sont à déplorer. Ces victimes, longtemps ignorées dans les récits officiels, sont aujourd’hui reconnues comme les Martyrs de l’Indépendance.
Le 4 janvier 1959 fut plus qu’une émeute : il fut le détonateur de la marche vers l’indépendance qui sera proclamée le 30 juin 1960. Ce jour est depuis commémoré à travers tout le pays comme un jour férié, chômé et payé, marqué par des cérémonies, des dépôts de gerbes et des messages de mémoire.
Mais cette date ne doit pas être qu’un rituel. C’est un appel permanent à la conscience nationale, un rappel que la liberté se défend et se mérite. Face aux menaces contemporaines à la souveraineté et à l’unité du pays, le 4 janvier oblige chaque Congolais à se souvenir, à s’unir, et à agir pour préserver l’héritage des martyrs.
