En réponse à la crise humanitaire croissante provoquée par les violences dans l’Est de la République démocratique du Congo, une délégation gouvernementale congolaise s’est rendue le samedi 10 janvier au camp de réfugiés de Busuma, dans la province burundaise de Buhumuza. Objectif: apporter une aide d’urgence à plus de 67 000 Congolais ayant fui les combats.
Conduite par la ministre d’État en charge des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, la délégation comprenait également le ministre délégué aux Affaires étrangères chargé de la Diaspora, Crispin Mbandu. Leur présence sur le terrain traduit la volonté du président Félix Tshisekedi de ne pas abandonner les citoyens congolais, même en exil.
« La République ne vous oublie pas », a déclaré Ève Bazaiba devant des centaines de réfugiés rassemblés sous des abris de fortune. Un message fort, porteur d’espoir pour ces familles déracinées.
Un exil forcé par la guerre
Les réfugiés de Busuma ont fui les violences liées à l’avancée des rebelles du M23/AFC dans le Sud-Kivu, notamment dans la ville d’Uvira et ses environs. En quête de sécurité, ils ont traversé la frontière burundaise pour s’installer dans ce camp de 110 hectares, structuré en 78 quartiers, à plus de 200 kilomètres de Bujumbura.
Hommes, femmes et enfants y vivent dans des conditions précaires, souvent sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture ou aux soins médicaux.
La délégation congolaise a acheminé une assistance humanitaire composée de vivres, de produits de première nécessité, de kits d’hygiène, ainsi qu’un appui psychosocial. Mais au-delà de l’aide matérielle, c’est un geste symbolique fort qui a été posé: celui d’un État qui se tient aux côtés de ses citoyens, même en exil.
Alors que la situation humanitaire dans l’Est de la RDC continue de se détériorer, cette visite officielle rappelle l’urgence d’une réponse coordonnée, tant nationale qu’internationale. Les autorités congolaises appellent à une mobilisation accrue des partenaires humanitaires et des États de la région pour soulager les souffrances des populations civiles et œuvrer à une paix durable dans la région des Grands Lacs.
Roger AMANI
