La frontière entre le Burundi et la République démocratique du Congo, au poste de Gatumba–Kavimvira, restera fermée jusqu’à nouvel ordre. C’est ce qu’a confirmé le ministre burundais des Affaires étrangères, Édouard Bizimana, lors d’un briefing tenu au siège du ministère à Bujumbura.
Selon le média burundais Ikiriho, le chef de la diplomatie a déclaré que « la réouverture de la frontière se fera quand toutes les conditions seront réunies ». Cette réponse, adressée initialement à un diplomate, a été réitérée devant la presse le jeudi 29 janvier.
Des menaces sécuritaires persistantes
Le ministre Bizimana a justifié cette décision par la persistance de mouvements rebelles dans la région frontalière. « Il y a pas longtemps nous avons observé un certain mouvement de rebelles burundais qui travaillent toujours avec le M23 et l’armée rwandaise, qui ont progressé vers la frontière burundaise, côté Rusizi », a-t-il expliqué.
Il a ajouté que le Burundi n’entend « provoquer personne », mais que ses forces armées et de sécurité « se tiennent prêtes pour défendre l’intégrité territoriale du pays » en cas de menace.
Red-Tabara, FNL et présence rwandaise contestée
Outre les groupes Red-Tabara et FNL de Nzabampema, le ministre burundais a dénoncé ce qu’il considère comme une fausse information concernant le retrait des militaires rwandais de la ville d’Uvira. Contrairement aux discours relayés, Bizimana affirme que ces troupes, déguisées en rebelles du M23, ne se sont pas retirées mais « dissimulées pour se repositionner ».
La fermeture prolongée du poste-frontière Gatumba–Kavimvira illustre la fragilité sécuritaire dans la région des Grands Lacs. Elle affecte non seulement les échanges commerciaux entre le Burundi et la RDC, mais aussi la circulation des réfugiés congolais vers le territoire burundais.
Pour l’heure, Bujumbura maintient sa ligne : aucune réouverture ne sera envisagée tant que les conditions de sécurité ne seront pas garanties.
Roger AMANI
