Le silence des casernes s’est mué en frémissement stratégique. Le 12 août, dans un télégramme interne au ton martial, le général Eddy Kapend Yrung, commandant de la 22e région militaire des FARDC, a ordonné la mise en alerte maximale des troupes dans la province du Haut-Katanga.
Une décision qui ne relève ni du hasard ni de la routine: elle résonne comme un signal fort dans une région où l’économie et la géopolitique s’entrelacent dangereusement.
Une alerte qui ne laisse rien au hasard
L’ordre est clair, incisif, sans détour: sécuriser tous les sites stratégiques. Cela inclut l’aéroport de Lubumbashi, les camps militaires, les installations de la RTNC, ainsi que les axes névralgiques reliant Kasumbalesa, Likasi, Kipushi, Kolwezi et la route de Kasenga. Autrement dit, verrouiller les portes d’entrée et de sortie de la province minière la plus convoitée du pays.
Le commandement local est sommé de veiller à l’exécution stricte de ces instructions. Pas de place pour l’improvisation. Le Haut-Katanga, poumon économique de la RDC, est désormais sous haute surveillance.
Un contexte explosif
Cette montée en vigilance ne tombe pas du ciel. Le Haut-Katanga, riche en cuivre et cobalt, est aussi un carrefour de tensions politiques et de convoitises internes par les rebelles du M23. Entre trafics transfrontaliers, velléités séparatistes rampantes et enjeux électoraux, la province est un baril de poudre que le moindre souffle peut enflammer.
Le général Kapend, figure controversée mais stratège aguerri, semble vouloir prévenir plutôt que guérir. Son télégramme sonne comme une mise en garde: le Haut-Katanga ne sera pas pris au dépourvu.
Une démonstration de force ou un aveu d’inquiétude?
Derrière cette mobilisation, une question brûle les lèvres: que redoute réellement le haut commandement militaire? Une menace imminente? Une agitation politique en coulisses? Ou une opération préventive pour dissuader toute tentative de déstabilisation?
Quoi qu’il en soit, le message est passé. Le Haut-Katanga est en alerte. Et dans cette région où chaque mouvement militaire est scruté comme un présage, le moindre bruit de bottes devient une onde de choc.
Roger AMANI
